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 Traque au crépuscule [Kay]
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MessageSujet: Traque au crépuscule [Kay] Dim 8 Mar - 20:44

Le soleil se couchait derrière les épais nuages d’Arendelle et la neige tombait sans discontinuer, fidèle à l’éternel sort de la reine. L’homme battit des cils pour chasser les quelques flocons qui s’y étaient accrochés. Voilà plusieurs longues minutes qu’il se tenait là, parfaitement immobile. Aux aguets.

Comme l’aube, le crépuscule n’avait qu’une seule signification pour lui. C’était le temps de la traque. Les frontières n’avaient aucun sens à ses yeux et il ne savait pas depuis quand la meute avait quitté la Forêt Enchantée. Ils l’avaient fait, c’est tout. Les arbres s’étaient clairsemés et le ciel s’était couvert, mais ni lui ni les loups n’y prêtaient attention. La meute s’adaptait toujours. A présent agenouillé dans la neige, Le Chasseur prenait son temps. Ses doigts gantés de cuir effleuraient la poudreuse. Le froid commençait à percer le pantalon de toile épaisse. Il ne le bougea pas d’un pouce. En contrebas, les abords du ruisseau étaient désert mais après avoir suivi la piste dans l’après-midi, il avait repéré les traces de sabot dans la neige. C’était le seul endroit où l’eau était encore vive. La harde viendrait, il n’en doutait pas un seul instant.

Comme à chaque fois qu’il s’apprêtait à donner la mort, le Chasseur s’efforçait de vider son esprit pour ne faire plus qu’un avec la forêt. Le meurtre devenait excusable s’il s’inscrivait dans le cycle naturel des choses. La biche naissait, vivait, donnait naissance à son tour… puis était tuée pour en nourrir d’autres. Il pouvait l’accepter. En face de lui, à une cinquantaine de mètres sur l’autre rive, quelques branches figées par le givre frémirent. Elles arrivaient.

Il les laissa s’approcher de l’eau, observa leur cou gracieux s’abaisser vers l’onde. C’était un tout petit groupe : deux femelles et quelques faons. Il était placé face au vent et les bêtes ne soupçonnaient pas sa présence. Avec les gestes lents  et précis nés d’une longue habitude, Le Chasseur saisit son arme. La flèche destinée à sa proie était déjà sortie, il l’encocha et banda l’arme.

Soudain, les animaux effarouchés relevèrent la tête. Les sourcils de l’homme frémirent imperceptiblement mais au moment où la harde effrayée bondissait vers les sous-bois, sa flèche partit et cueillit l’animal qu’il visait à la gorge. La biche s’effondra alors que le reste de la troupe s’enfonçait dans la forêt. Le Chasseur se redressa et descendit le talus en direction du ruisseau qu’il franchit en quelques enjambées. Sa proie se trouvait à ses pieds et comme à chaque fois, le sacrifice de l'animal lui ébranla le cœur. En temps ordinaire, il lui aurait rendu l’hommage qu’elle méritait, mais quelque chose clochait. Le Chasseur releva la tête. Ses yeux perçants fouillèrent les taillis alentours et en un instant, son arc était de nouveau bandé, prêt à tirer :

« Qui est là ? »


Dernière édition par Graham Humbert le Lun 9 Mar - 8:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Dim 8 Mar - 22:39


Traque au crépuscule

Je n'ai pas peur de toi. C'est juste que tu m'impressions, un peu. Mais je n'ai surtout pas peur de toi. Je ne suis pas un lâche ou un faible. Je suis Kay, prince d'Arendelle.

Kay & Graham

Au pays des neiges éternelles, la vie était plutôt calme et plaisante pour quiconque voulait se soustraire aux yeux du monde et des couleurs vives et agressives du printemps, de l'été et de l'automne réunis. L'hiver et la neige convenaient très bien à Kay, enfant maudit malgré lui, recueilli par la reine de cette sobre et pourtant plaisante contrée. Le petit garçon avait ainsi grandi au contact froid et plaisant de la noble souveraine, son cœur se gelant chaque jour un peu plus. Arrivé à l'aube de ses dix-sept ans, la moitié de ses bons sentiments avait déjà été dévorée par l'appétit vorace de la glace.

Il arriva qu'un beau jour, le petit prince se retrouva las d'une vie ennuyeuse derrière les murs glacés du palais. Il pensait pouvoir fuir la laideur humaine en voyageant jusqu'en Arendelle mais se trouvait finalement de plus en plus déçu, chaque jour, des promesses que son cœur alors encore naïf s'était fait. La noblesse du château était aussi irritable que partout ailleurs, aussi irritable que le petit peuple. Son œil gauche le lui montrait avec une facilité déconcertante. Telle courtisane, le visage recouvert de fard, empestait la rose. De la peau détendue de celle-ci semblait suinter tout son désir d'attirer entre ses cuisses le premier garçon venu pour lui permettre de s'imaginer que, malgré la perte de sa première fraîcheur, elle pouvait encore plaire un temps soit peu. Tel chevalier encore s'enhardissait dans de jolis rubans bleus pour se donner plus d'importance. Même aux cuisines, on jouait aux coquettes ! Et caetera. Tout ce petit monde avait l'odeur des choses futiles et commençait à donner la nausée au jeune Kay.

Le jeune homme fut donc naturellement prit d'une furieuse envie de quitter le cocon dans lequel il avait presque toujours vécu pour fuir, ne serait-ce que quelques heures, le tumulte d'un monde qu'il ne sentait pas être le sien. Il ne rencontra aucune difficulté pour se faufiler jusqu'à la grande porte du château et quitter l'enceinte de la capitale. À chaque fois qu'un garde faisait mine de le retenir ou de l'interroger sur sa destination, il se contentait de hausser les épaules et d'exiger simplement qu'on le laissât passer sur le champ. Par peur de la pendaison, on le laisser agir comme bon lui semblait. Le prince n'avait, pour ainsi dire, jamais été très apprécié pour sa gentillesse ni même pour ce qu'il représentait aux yeux de la Reine. Malgré cela, il ne s'en était jamais plaint. Cette image de bâtard monstrueux que véhiculaient autour de lui les envieux et ses ennemis lui servait plus qu'autre chose. Ainsi craint, il pouvait agir selon bon plaisir, sans peur d'être contredit par nulle autre qu'Elsa d'Arendelle elle-même.

Une fois à l'extérieur, le prince eut l'impression de revivre. Les parties encore palpitantes de son cœur le poussèrent aussitôt à s'émerveiller devant l'immensité de la large forêt enneigée qui lui faisait face. Ne ressentant pas la peur, le jeune homme s'engouffra aussitôt dans ces bois sombres, comme attiré par l'inconnu, par ce monde de solitude qui lui seyait tant. Il en avait oublié toutes les précautions qui étaient de vigueur pour quelqu'un de son rang. Il en avait oublié qu'au milieu des arbres, des bêtes sauvages et du froid, il n'était rien. Au bout de quelques minutes à errer ainsi, il dut se rendre à l'évidence qu'il s'était tout simplement perdu.

Ses pas le menèrent finalement non loin d'une rivière qu'il entendait couler non loin. Il opta donc pour s'en approcher et peut-être trouver un pont en la redescendant et retrouver ainsi, presque à contre cœur, la civilisation. Il trouva bien mieux en s'approchant de ces eaux claires et limpides...

Kay entendit les buissons près de lui remuer et vit, non sans surprise, un étrange animal au pelage brun et au dos recouvert de quelques petites taches claires s'élancer juste à côté de lui. Il sentait la peur chez la bête, mais cela ne le rebuta pas. Il continua de s'avancer vers l'endroit d'où venait l'animal, les branches des petits arbres griffant son visage au passage, et se retrouva enfin devant la rivière. Il y fut saisi par la couleur rouge qui se trouvait sur la rive. Du sang... Comme dans ses cauchemars... Mais... En plus beau en fait... Avant que le jeune homme n'ait pu davantage contempler le spectacle, une voix dure le rappela à la réalité.

« Qui est là ? »

Le prince sursauta mais se ressaisit aussitôt. Il n'avait pas peur après tout. Il avait juste été surpris. Il releva la tête et planta son regard en direction de la voix. Il y vit un homme entouré d'animaux qui ressemblaient aux loups des livres que lui racontait la Reine. Il voulut s'approcher mais s'arrêta net en remarquant que l'inconnu bandait un arc dans sa direction. Il le dévisagea surpris. C'était bien la première fois qu'on osait le menacer ainsi. Son œil maudit analysa aussitôt l'homme qui lui faisait face et, pour la première fois, il ne ressentit aucun dégoût en le contemplant. Aucune avidité ne se dégageait de lui. Aucun vice qu'il avait appris à déceler chez les humains qu'il croisait quotidiennement. En dehors d'Elsa, c'était bien la première personne qu'il croisait sans avoir de hauts le cœur. Kay écarquilla les yeux et fit un pas en direction de l'étranger.

« Moi..., se risqua-t-il à répondre d'un air un peu gauche. Vous allez essayer de me tuer ? »

Ce n'était guère une très bonne façon d'entamer la conversation... Kay n'avait malheureusement pas vraiment l'habitude de parler. Il ne s'attardait pas souvent à discuter avec les gens. Il se moquait bien des autres. Mais c'était différent avec cet homme-là. Il ne lui faisait pas peur, il l'impressionnait !

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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Mar 10 Mar - 19:22

La pointe de la flèche visait toujours le cœur : sa sommation avait fait redresser un visage dont le corps se trouvait exactement dans l’alignement qu’il avait prévu. S’il avait la réputation de ne jamais rater sa cible, ça n’était pas pour rien. Au coin de son œil, il percevait la corde tendue, le frémissement presque imperceptible qu’occasionnait la tension. Ses traits restaient imperturbables : un ange passa alors que les deux hommes se jaugeaient du regard.

Celui qui lui faisait face était jeune, richement vêtu quoique avec une certaine sobriété, mais le Chasseur ne s’arrêtait pas sur ce genre de détails. Non, ce que l'homme scrutait, c'était les yeux de l’intrus. Il ne tuait jamais sans raison mais n'accordait pas à la vie humaine le prix de celles des âmes innocentes qu'il devait faucher pour sa propre survie. Il lâcherait la corde avec beaucoup moins de remord qu'il ne l'avait fait pour l'animal qui gisait à ses pieds. Près de sa botte fermement campée dans la neige, un loup, à l'épaisse fourrure du même gris que les nuages d’Arendelle, avait adopté une posture menaçante. Un grognement sourd s’échappait de sa gorge alors qu’il avait retroussé les babines en fixant le jeune homme.

Le souffle de la forêt était suspendu à cette corde bandée. Un instant de plus passa. Puis le Chasseur relâcha lentement la tension et ses bras retombèrent.

« Je n'essaye jamais de tuer. Je tue, ou je ne tue pas. »

L'inconnu ne lui apparaissait pas comme un risque. Du moins, il ne ressentait pas de danger émanant de sa présence pour le moment, ce qui ne l'empêchait pas de pressentir que le garçon n'était pas aussi inoffensif qu'il aurait pu le sembler au premier abord. Sans hâte, la flèche regagna son carquois et l'arc son dos alors que le Chasseur dégainait un poignard à la lame large et effilée. Sa capacité à tenir une conversation civilisée devait à peu près valoir celle de son interlocuteur : échanger avec ses paires ne faisaient pas franchement parti de ses priorités et s'il lui arrivait de leur parler, communiquer avec sa meute ne nécessitait pas vraiment de mots. Un geste lui suffit d'ailleurs à apaiser l'animal à ses côtés. Deux autres loups s'étaient rapprochés, l'homme se détourna de leur invité surprise. La lame ne lui était pas destinée.

Comme si la présence de l'inconnu était devenue quantité négligeable, le Chasseur prit quelques secondes pour se recueillir devant sa proie tombée, le visage incliné. Une larme solitaire parvint à se glisser jusqu'à sa joue mais il l'essuya d'un geste vif avant d'arracher la flèche assassine aux chairs de l'animal. L'intrusion l'avait contrarié. Il n'aimait pas partager cet instant d'hommage bouleversé, sachant pertinemment l'incompréhension et la risée qu'il entraînait chez les êtres humains. S'agenouillant dans la neige, l'homme effleura la fourrure encore tiède puis retourna doucement la bête. La lame glissait sur la peau. Attentifs, les loups attendaient autour de lui. Un craquement de branche lui rappela la présence du nobliau et il releva la tête vers lui. Il ignorait son identité et se fichait bien de la connaître.

« La nuit tombe et vous n’appartenez pas à la forêt. Je ne vous tuerai pas, mais elle le fera peut-être. »

Comme pour appuyer ses dires, un vent glacé se leva. Seul un hiver éternel pouvait faire naître cette bise fourbe qui se glissait entre les arbres pour venir leur mordre la peau. Le Chasseur revint à sa proie : la meute avait faim.
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Jeu 12 Mar - 22:12


Traque au crépuscule

Je n'ai pas peur de toi. C'est juste que tu m'impressions, un peu. Mais je n'ai surtout pas peur de toi. Je ne suis pas un lâche ou un faible. Je suis Kay, prince d'Arendelle.

Kay & Graham

Le prince attendit sans bouger, laissant son regard se promener des loups à l'étrange chasseur qui pointait sa flèche dans sa direction. La situation l'amusait presque. Personne n'avait jamais osé une arme contre lui par peur de représailles. Cet homme face à lui le faisait pourtant et son bras ne tremblait même pas alors que, prêt à tirer, il maintenait la corde de son arc tendue. Il pouvait viser le cœur s'il le voulait. L'œil maudit de Kay le comprenait tout à fait. Il n'y avait dans le regard de l'étranger que détermination et il c'était bien son cœur qu'il visait.

Kay ne bougea pas, restant droit et fier face à la menace. Il ne ressentait pas la peur et, dans un sens, cette flèche aurait pu le soulager de bien des maux. Il lui arrivait parfois de trouver pesant la froideur de son cœur. Pourquoi ne pas y mettre fin en un coup net et précis ? Face à la mort, le prince souriait presque.

Puis le chasseur baissa son arc et finit par ranger lentement sa flèche dans son carquois. Le visage du jeune homme n'exprima pas la moindre reconnaissance pour cette supposée miséricorde. Il avait simplement opté pour l'option la plus sensée qu'il aurait pu faire : ne pas tirer sur le prince d'Arendelle et attenter à sa vie pour ainsi éviter de s'attirer les foudres de la Reine.

L'étranger sortit alors un couteau et se pencha vers la bête qu'il venait d'abattre. Kay ne comprenait pas exactement ce qu'il faisait, mais il eut vaguement l'impression que l'homme se recueillait devant le corps de sa victime. Ressentait-il du remord pour avoir ôter la vie ? Le prince, ne pouvant comprendre ce genre de sensation, se contenta de regarder sans rien dire. Il ne manqua pas non plus de se repaître du spectacle du couteau du chasseur déchirant la chair de la proie fraîchement abattue.

Une fois la besogne accomplie, l'inconnu redressa la tête et regarda en direction de Kay. Celui-ci se rendit alors compte qu'il n'avait pas du tout fini sa découpe qui jusqu'à présent avait l'air parfaite. Il sentit presque de l'agacement dans ses yeux et ne put s'empêcher de réprimer un soupir. Ce n'était guère agréable de se sentir de trop et exclu de ce genre de réjouissante. Même son cœur gelé pouvait lui faire ressentir ce genre d'impression...

« La nuit tombe et vous n'appartenez pas à la forêt, déclara finalement le chasseur avec un profond désintérêt, Je ne vous tuerai pas, mais elle le fera peut-être. »

Kay ne comprenait pas exactement de qui voulait parler le tueur mais il supposa qu'il s'agissait de la forêt, si tant est qu'on puisse supposer qu'une forêt soit dotée d'une conscience et de pulsions meurtrière. Un vent froid balayait légèrement les cheveux du prince, qui, habitué par la froide et tendre présence de sa mère, ne le sentait même plus. A quoi appartenait-il de toute façon ? Le jeune homme soupira et, malgré les risques, malgré les loups, choisit finalement de se rapprocher de l'étranger. C'était tellement rare de croiser quelqu'un dénué de sentiments terriblement humains. C'était la première fois qu'il voyait ça et c'était aussi la première fois qu'il croisait le chemin d'une petite meute de loups. De toute manière, il ne saurait pas retrouver son chemin avant la nuit, même s'il l'avait souhaité de toutes ses forces.

« Ne pourrais-je pas rester un peu en votre compagnie, se risqua-t-il après avoir tourner sept fois la langue dans sa bouche comme on le lui avait appris pour s'empêcher de dire des bêtises, Je n'ai rien de bien important à faire... »

Pour la première fois depuis cette étrange rencontre, le prince se sentit un peu niais et profondément intimidé. Il baissa légèrement les yeux, comme confus d'avouer son admiration, avant de poursuivre : « C'est la première fois que je vois des loups d'aussi près. »

C'était la première fois qu'il ressentait cette impression d'admiration qu'il n'avait jusque alors ressentit qu'en se plongeant dans les yeux bleus d'Elsa.


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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Mar 17 Mar - 18:44

Estimant avoir fait son devoir en avertissant le jeune homme du danger que représentait la forêt la nuit, le Chasseur était revenu à sa tâche. La meute attendait. Il percevait leur nervosité alors que l’odeur métallique du sang se répandait autour d’eux, se mêlant à celle des résineux. L’étranger était toujours là mais silencieux et quand les oreilles aguerries du Chasseur perçurent un mouvement, il supposa que, tout homme qu’il était, l’autre avait eu la sagesse de l’écouter et s’en retournait. Puis la voix s’éleva et il ne put s’empêcher de relever un regard interloqué vers l’inconnu.

Le Chasseur avait toujours eu confiance en son jugement : il ne s’y reprenait jamais à deux fois pour évaluer ceux qui lui faisaient face. Du moins, il n’en avait jamais eu besoin jusque là… Il fallait croire qu’il y avait une première à tout. Son regard gris et méfiant balaya de nouveau le jeune homme, s’arrêta sur son œil étrange, scruta les traits fins et tranquilles.  L’instinct lui soufflait toujours la même chose : pas de dangers pour le moment mais ne pas sous-estimer. Toutefois, il y avait plus, et lui qui n'était pas un habitué de la Cour où le paraître était primordial ne sut pas cacher son trouble. Il avait croisé de la crainte ou du mépris plus qu'il n'en fallait pour toute une vie, mais le sentiment qu'il devinait ici était différent. Deviner était un grand mot d’ailleurs car il aurait été bien en peine de mettre des mots dessus, lui qui parlait si peu. L’homme hésita un court instant puis finit par hausser les épaules, retrouvant son masque d’indifférence :

« Faites ce qu’il vous plaît, ce ne sont pas mes affaires. Si vous voulez rester, évitez juste de vous mettre en travers de leur chemin. »

Il désigna du menton les loups affamés. Le jeune homme s'était rapproché pour admirer les bêtes et le Chasseur redressa fièrement la tête :

« Rien d'étonnant à ça. Si un loup devait entrer dans vos châteaux, ce ne serait plus qu'un chien. »

Étrange sensation que celle d'être observé alors qu'il se remettait à l’œuvre. S'efforçant de rester concentré, l'homme finit son travail de découpe en quelques minutes, puis réserva un morceau de côté pour lui qu'il ficela avant de se relever. Le signal était donné pour la meute qui n'avait pas besoin de plus et les animaux se jetèrent sur la chair fraîche. Presque inconsciemment, il tendit la main pour faire écarter un peu plus son spectateur, ce qui le surprit lui-même. D'ordinaire, les seuls êtres qu'il protégeait ne marchaient pas sur deux jambes. Peut-être parce que le regard fasciné que posait le nobliau sur sa meute lui rappelait le sien. Il fallut peu de temps aux loups pour nettoyer la carcasse, temps que les deux hommes passèrent l'un à côté de l'autre à les observer déchirer les chairs. Le Chasseur avait jeté sa part sur son épaule : la lumière déclinait et il attendrait de regagner un abri pour manger à son tour. Il avait repéré un renfoncement au pied d'une pente non loin, à peine une caverne mais suffisante pour les abriter pour la nuit. Déjà, la meute rassasiée s'égayait dans les sous-bois alentours. Indécis, leur membre humain hésitait. Il n'avait pas l'habitude de devoir gérer autrui dans sa survie quotidienne.

« Si vous comptez rester, rendez-vous utile et ramassez donc du bois. »

Sur ces mots, le Chasseur s’enfonça à son tour sous le couvert des arbres. Paysan ou prince, à ses yeux, tous les hommes se valaient… Et ils ne valaient pas grand-chose. Retenir sur son épaule le fruit de sa chasse occupait une de ses mains, il utilisa l’autre pour constituer un fagot. Si le sol était couvert de neige, les nombreux arbustes morts rendaient la tâche aisée. Les loups accompagnaient sa marche, invisibles à l’œil profane. Habitué, il sentait leur présence aux alentours, ombres silencieuses et furtives. Ils ne mirent pas longtemps à déboucher sur le campement qu’il avait repéré et le Chasseur déposa viande et bois sur le sol protégé de la petite grotte avant de jeter un coup d’œil au jeune homme qui l’accompagnait.
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Mar 17 Mar - 21:41


Traque au crépuscule

Je n'ai pas peur de toi. C'est juste que tu m'impressions, un peu. Mais je n'ai surtout pas peur de toi. Je ne suis pas un lâche ou un faible. Je suis Kay, prince d'Arendelle.

Kay & Graham

En entendant les dires du jeune prince, l'étranger détourna quelques instants son attention de sa basse besogne afin de jeter un regard interrogateur dans sa direction. Kay le croisa sans même cligner des yeux. La beauté du sang et des loups attendant avec de plus en plus d'impatience de recevoir le divin festin avaient presque adouci son visage. Le chasseur s'attarda un moment à en détailler les traits sans que cela ne le gêne plus que ça. Des émotions comme la pudeur commençaient déjà à lui faire défaut. Pourtant, elle ne tarda pas à se manifester lorsque l'homme s'attarda plus longuement sur son œil légèrement plus clair. Le prince fronça aussitôt les sourcils et baissa la tête, presque gêné qu'on s'intéresse ainsi à ce que certains pouvaient considérer comme une infirmité.

Le jeune homme avait préféré se réfugier dans la contemplation de la majesté sauvage de la meute et s'en était encore approché, ravi que l'inconnu ait finalement accepté sa compagnie. Il ne parlait pas beaucoup, mais cela lui convenait dans un sens. Il était bien las de tous ces regards jetés à la Cour, tous ces potins dont la plupart visaient d'ailleurs à le critiquer. Les loups au moins ne parlaient pas. Kay se risqua même à se pencher pour mieux entendre le grognement des bêtes. Quelque chose semblait vibrer au fond de son estomac et cette sensation qu'on aurait pu rattacher à de la peur et de l'excitation chez un individu normal était loin de lui déplaire.

« Rien d'étonnant à ça, dit le chasseur en guise de répondre à l'admiration du garçon. Si un loup devait entrer dans vos châteaux, ce ne serait plus qu'un chien. »

Un chien ? Kay releva la tête en direction de son interlocuteur. Il voyait à présent rayonné chez lui, comme une petite lumière dorée, une certaine fierté emplie d'humilité. Sans la retenue habituelle de cet homme, elle aurait pu paraître insupportable. Ce n'était pourtant pas le cas ici. Les loups valaient bien cette petite étincelle dans le regard du chasseur que le jeune homme envia aussitôt.

« Il y a bien plus de loups dans les châteaux que dans les bois, trancha doucement le prince après s'être accordé le temps de la réflexion. C'est juste qu'ils n'ont ni griffes, ni crocs et font de grands sourires, mais ils n'en restent pas moins dangereux. En fait, je crois qu'ils sont encore plus dangereux parce qu'on ne s'en méfie pas. »

Il ne parlait plus des loups. Il parlait du loup pour l'homme, de l'homme-loup, de l'homme tout simplement, ce courtisan hypocrite près à écraser son prochain pour s'accaparer plus de richesse que son voisin. Dans les châteaux, tout était prétexte à ce genre de minauderie ne visant qu'à apaiser leur appétit vorace. Les bêtes sauvages étaient plus sincères car elles n'agissaient pas contre leur nature. Kay en vint à se demander s'il n'était pas le pire des chiens du pays. Son visage se durcit légèrement à cette pensée peu flatteuse. De son côté le chasseur achevait enfin de dépecer sa proie. Ses loups fondirent aussitôt qu'il le leur permis sur la carcasse rougeoyante de l'animal mort.

« J'avais un chien, je crois, souffla-t-il en ne perdant pas une miette de ce spectacle sanguinaire, Il est mort, un jour, parce qu'il m'avait mordu. »

Un jour, il aurait, de la même façon, les têtes des courtisans qui lui déplaisaient. Cette grasse basse-cour ferait même un délicieux festin pour les loups des forêts ou des montagnes. L'appétit vorace, ils avaient d'ailleurs déjà terminé de rogner les restes de la proie du chasseur. Aussitôt leur repas achevé, ils se fondirent dans les bois sans demander leur reste. L'inconnu de son côté parut hésiter à les rejoindre. Semblant se rappeler de la présence du jeune homme il ne s'élança pas à leur suite. Le spectacle terminé, Kay s'approcha alors du tueur.

« Si vous comptez rester, rendez-vous utile et ramassez donc du bois, lui lança-t-il alors après un court silence que le prince n'avait pas osé briser. »

Kay le regarda l'air un peu surpris que quelqu'un ose s'adresser à lui de la sorte, mais il ne s'en formalisa pas pour autant. C'était la Reine qui était à cheval sur les bonnes manières après tout et elle n'était pas là pour faire état de cette façon de parler. Le jeune prince n'était en rien vexé. Il se mit même à sourire et hocha la tête pour montrer qu'il avait compris. Voyant le chasseur se baisser pour ramasser quelques brindilles, il fit de même avec un fantôme d'enjouement sur le visage.

Très vite, les bras du jeune homme se chargèrent de nombreuses branches qu'il s'était empressé de récupérer sur le tapis de neige. Il devint rapidement difficile dans récolter davantage sans risquer de perdre ce qui avait déjà été amassé. Kay dut se résoudre à se contenter de ce que ses bras étaient capable de tenir. Grâce à la malédiction, le poids de sa charge ne le faisait guère souffrir. Il se contenta donc de suivre le tueur sans aucune remarque ni protestation.

« Il faut les poser là ? demanda-t-il lorsqu'ils furent arrivés près d'une petite grotte qu'il n'aurait jamais pensé trouver là. »

Il ne connaissait pas grand chose sur son royaume en fin de comptes.

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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Sam 21 Mar - 13:53

Oui, le Chasseur était fier de sa meute. Fier qu’ils l’aient trouvé, et adopté, alors qu’il n’était qu’un homme. Chaque jour, il s’efforçait de rester à la hauteur, de ne pas les déshonorer. En son fort intérieur, il avait l’intime conviction que si un tel jour arrivait, les loups le sauraient, et qu’il n’aurait pas de seconde chance.

Ses pas crissaient dans la neige alors qu’il constituait son fagot, calé sous son bras libre. Il n’avait pas répondu immédiatement mais les mots du jeune homme lui tournaient dans la tête. Il n’était pas très doué pour les métaphores, pourtant, il comprenait ce qu’avait voulu dire son… invité, quoique l'idée le laissa un peu confus. Sans doute parce que le mot loup, à ses yeux, était d’abord rattaché à des valeurs d'honneur et de liberté, plus qu’à celle de dangerosité. L’animal l’était, évidemment, mais pour le Chasseur, cela ne faisait qu’amplifier son prestige. Enfin, si on pouvait parler de prestige. En tout cas, rien à voir avec le mépris qui transpirait dans les mots du nobliau. Il jeta un regard furtif au jeune homme. Peut-être était-ce aussi pour ça qu’il l’avait laissé l’accompagner, ressentant sans se l’expliquer cette vision qui les rapprochait, ce dédain, pour l’humanité.

« Je ne suis pas sûr que ce soit des loups… Murmura-t-il, comme s’il se parlait à lui-même, alors qu’il se penchait pour ramasser une branche. Plutôt… Des hyènes. Et les hyènes valent mieux qu’eux. »

N’importe quel animal valait mieux qu’un homme et se remémorant le plaisir étrange qu’avait semblé éprouver son intrus devant le spectacle de la mort, le Chasseur se tança en son fort intérieur. Ils partageaient peut-être une certaine vision du monde mais un chien assassiné pour s’être défendu aurait pu témoigner qu’il ne devait pas relâcher sa vigilance. Enfin, au moins, l'autre n’avait pas rechigné à la besogne. Du coin de l’œil, il pouvait constater que le jeune homme avait consciencieusement amassé son fagot.

« Oui, » acquiesça-il à la question, toujours aussi volubile.

L’abri n’était pas très profond mais suffisamment pour offrir un rempart à la neige et les protéger du vent. Il ne fallut pas longtemps au Chasseur pour construire un foyer décent dont des flammes claires ne tardèrent pas à s’élever. A vrai dire, il allumait rarement de feux, et c’était sans doute aussi ce qui le contrariait. Lui qui repoussait d’ordinaire tout ce qui lui ressemblait un peu trop avait non seulement pris une part plus importante de viande sur sa proie, mais également anticipé que si les loups le réchauffaient, ils ne le feraient pas pour le jeune homme. Il n’aurait pas dû se soucier autant d’un garçon qui avait été la cause du meurtre d’une créature innocente. Si le chien l'avait mordu, il n'avait qu'à le mordre en retour !

Le Chasseur installa sommairement la viande à rôtir au dessus des flammes puis releva les yeux. La neige lui semblait tomber plus fort et la nuit était tombée pour de bon. Les deux hommes étaient seuls dans l'abri et il scruta les taillis alentours :  la meute n’aimait pas les flammes. En guise d’excuse muette, il adressa un regard indéchiffrable aux yeux qui brillaient dans les fourrés, à quelques mètres d’eux. Préférer le confort d'un inconnu à la proximité des siens lui paraissait parfaitement contre-nature et il ne savait s'il était plus fâché contre le jeune homme ou contre lui-même. Puisque ses préparatifs étaient terminés, il s'assit à même le sol devant son feu puis observa en silence le nobliau.

« Vous n'avez pas l'air de souffrir du froid. » Remarqua-t-il. Lui-même était habitué à vivre à l'extérieur, il était vêtu en conséquence, près à affronter les aléas de la nature. Ce n'était pas le cas de son compagnon et pourtant, même avant que le feu ne prenne, il ne tremblait pas.

Sur sa broche de fortune, la viande continuait de rôtir. Le Chasseur fit tourner l'épais morceau, exposant la face encore crue à la chaleur des flammes. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas mangé chaud.
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Sam 21 Mar - 23:32


Traque au crépuscule

Je n'ai pas peur de toi. C'est juste que tu m'impressions, un peu. Mais je n'ai surtout pas peur de toi. Je ne suis pas un lâche ou un faible. Je suis Kay, prince d'Arendelle.

Kay & Graham

Lorsque le chasseur répondit affirmativement, et avec une sèche brièveté, le jeune prince acquiesça aussitôt avec un semblant d'enjouement. Celui-ci s'empressa aussitôt de poser son fardeau avant de se pencher pour le réunir en tas afin de faciliter la tâche à son guide. Nul n'aurait pu reconnaître l'enfant capricieux que tout le monde détestait à la Cour. Cette fois-ci, le jeune homme était fier de pouvoir participer à quelque chose.

Puisque l'étranger semblait vouloir un peu d'espace pour s'occuper tranquillement du tas de bois, Kay s'assit légèrement en retrait pour le laisser agir comme bon lui semblait. En revanche, son regard froid ne quittait pas le moindre de ses gestes. Et peu à peu, il vit comment l'homme réussissait à faire naître le feu dans ses mains, tout en frottant quelques branches entre elles. Bientôt des étincelles éclairèrent la pénombre de leur cachette puis ce fut les flammes rassurantes qui domptèrent l'obscurité. Cela ne paraissait pas si compliqué. Pourtant le prince se doutait bien que l'habitude et le savoir-faire de son hôte devaient être pour beaucoup dans cette rapide exécution.

Le silence et les crépitements du feu s'imposèrent rapidement entre les deux hommes qui rivalisaient de mutisme l'un comme l'autre. Kay gardait ses yeux rivés sur les flammes du petit feu improvisé. Il adorait la glace, le froid, mais, paradoxalement, le feu n'avait jamais cessé de le fasciner. Les braises rouges semblaient le fixer comme les deux yeux d'un dragon des montagnes. L'écarlate brasier lui rappelait vaguement le sang sur la neige. Il aimait le blanc et raffolait du rouge. L'esprit dérangé sur ce genre de détails, le prince ne voyait pas les efforts qu'avaient du fournir le chasseur face à son intrusion.

« Vous n'avez pas l'air de souffrir du froid, trancha d'un coup la voix de l'étranger qui ne s'était pas fait entendre depuis un moment déjà. »

Le jeune homme leva aussitôt la tête et regarda dans la direction de son interlocuteur. S'il avait été capable d'apprécier ce genre d'égard, il aurait certainement gratifié le tueur d'un sourire pour avoir cherché à engager la conversation. Kay n'y voyait aucun bien, ni aucun mal d'ailleurs. Il se contenta de froncer les sourcils et de réfléchir en faisant claquer sa langue contre son palais. S'agissait-il d'une question ou d'une simple constatation ? Ce genre de nuance était plutôt compliqué à saisir lorsqu'on ne savait pas exactement à qui on avait affaire. L'étranger ne dégageait aucune émotion particulière et cela le rendait indéchiffrable pour l'enfant maudit. Et cela était très reposant en fin de comptes. Ne pas lire le pire chez quelqu'un, pour une fois, le reposait. S'il fallait répondre quelque chose, que devait-il dire ? « N'en parle pas ! » lui aurait assurément rétorqué Elsa. Le prince hocha la tête comme pour signifier au souvenir maternel qu'il avait bien compris la leçon.

« Je n'ai jamais froid. Il fait parfois bien plus froid au château, répondit-il d'une voix lente et posée en se forçant à sourire avant de poursuivre, Il est inutile de vous en faire pour moi, d'accord ? »

Il plissa légèrement les yeux comme pour donner davantage d'appui à son sourire improvisé, mais ce n'était décidément pas encore un art chez lui. Le prince retourna alors son attention vers le feu. La chaleur lui caressait le bout des doigts et cela ne lui déplaisait pas. Il avait presque envie d'y mettre sa main et de saisir une braise ardente dans l'espoir de ressentir la même douleur qu'avait ressentie le chien lorsqu'il avait posé le tisonnier brûlant sur son flanc... Mais cela restait impossible.

« C'est quand même bien agréable, ajouta-t-il un peu distrait, Merci pour votre sollicitude. »

Le temps passant, il brisa à nouveau le silence : « Vous avez froid, vous, parfois ? »

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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Dim 22 Mar - 21:09

Le feu brûlait entre eux et aux yeux du Chasseur, ses crépitements étaient bien suffisants pour occuper le silence. Même du temps où sa famille était encore humaine, faire la conversation n’avait jamais été son fort. Heureusement pour eux deux, son invité n’était pas plus bavard : il n’aurait pas supporté très longtemps les jacasseries d’un imbécile de petit riche et le nobliau se serait vite fait dégager sous la neige.

Il rompit en premier le silence. Dans sa tête, la question était plus curieuse qu’inquiète. Admettre qu’il en avait déjà fait beaucoup pour le confort du jeune homme aurait été trop difficile, si bien que la réponse de son protégé –cela aussi, il allait falloir l’accepter- le prit au dépourvu. Le Chasseur entrouvrit la bouche puis la referma aussitôt. Une moue passagère plissa ses lèvres, qu’on aurait presque pu croire boudeuse.

« Je ne m'inquiétais pas. » Rétorqua-t-il, peut-être un peu trop vite. Le silence tomba à nouveau alors que les yeux du Chasseur se perdaient dans les flammes. Il se sentait comme un gamin pris sur le fait et il n’aimait pas ça. Il n’était plus un enfant, et, du moins dans son esprit, à peine un être humain. Il n’avait pas à protéger cet homme, quel que soit l’écho de lui-même qu’il y devinait. Mal à l’aise avec ses questions quasi philosophiques sur lesquelles il ne se penchait jamais d’ordinaire, le Chasseur revint à quelque chose de plus primaire qu’il maîtrisait mieux.

« Quel est l’intérêt d’un château s’il n’y fait même pas chaud ? »

A l’aide d’une branche fine, l’homme-qui-s’était-décidé-loup tisonna les braises. Le nobliau le relança et comme à chaque fois qu’il cherchait un appui, le regard du Chasseur fouilla le rideau de neige et d’obscurité qui les séparait du monde extérieur, à la recherche des yeux des siens. Leurs regards brillants entre les branchages étaient la seule chose qu’il pouvait discerner d’eux, mais les savoir présents lui suffisait.

« Parfois. J’ai l’habitude de vivre avec. Quand le vent est trop glacial, ils me tiennent chaud, la nuit. »

Du menton, il désigna l’obscurité où tous deux savaient trouver la meute. La viande grésilla et le Chasseur se pencha sur leur repas improvisé. Tirant son large poignard, il entreprit de découper leur repas en deux parts égales avant d’en tendre une à son invité. Puisqu’il avait emprunté cette voie, il lui semblait peu honorable de faire volte-face maintenant et de priver le jeune homme de nourriture. L’os était luisant de graisse mais il faisait une bonne prise et les dents du Chasseur se plantèrent dans la chair chaude dont il arracha un morceau. Il le mastiqua, longuement. Il avait oublié à quel point la viande cuite pouvait être bonne. Pendant quelques minutes, concentré sur la nourriture, il n’adressa plus la parole au nobliau. Puis, l’homme finit par tirer sa gourde dont il but une longue gorgée. Il hésita un instant mais finit par la tendre à son invité.

« Qu’est-ce vous fuyez ? »

Il n’arrivait pas à trouver une autre explication à cette présence tardive, avec lui, dans ce petit abri de fortune, alors que le nobliau n’appartenait clairement pas à son monde.
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Dim 22 Mar - 23:01


Traque au crépuscule

Je n'ai pas peur de toi. C'est juste que tu m'impressions, un peu. Mais je n'ai surtout pas peur de toi. Je ne suis pas un lâche ou un faible. Je suis Kay, prince d'Arendelle.

Kay & Graham

Kay ne comprenait pas exactement l'art de bien parler avec des étrangers. D'ordinaire cela ne l'intéressait pas plus que ça, mais force est de reconnaître, que face à ce petit feu improvisé, un peu de conversation n'était guère superflus. D'ailleurs, c'était souvent devant la cheminée qu'Elsa lui faisait parfois quelques confidences et lui racontait qui étaient ses parents et à quel point le royaume était grand et prospère au temps de leur règne. Pourtant lorsqu'il regardait son hôte, il n'avait pas l'impression d'avoir parler juste. Le chasseur semblait mal à l'aise vis-à-vis de sa réponse. Il lui semblait même qu'il abordait à présent une mine sombre ou tout du moins boudeuse. Le prince croyait pourtant s'être conduit avec distinction et politesse comme on le lui avait appris. Devant son manque de savoir-vivre, il soupira en guise d'excuse et n'osa guère en ajouter davantage. Le chasseur rompit bien seul le silence en affirmant qu'il ne s'inquiétait pas. Une fois cette simple déclaration, l'air sembla sembla moins pesant pour les deux jeunes gens.

« Quel est l'intérêt d'un château s'il n'y fait même pas chaud ? demanda très justement l'étranger, preuve qu'il était plus perspicace qu'il ne le laissait paraître au premier abord. »

Le jeune homme regarda un instant son interlocuteur et ouvrit la bouche comme pour lui répondre tout naturellement, mais, se rappelant des paroles de la Reine, il se ravisa. Ce n'était pas bien de raconter sa vie à des étrangers et encore moins d'expliquer la puissance magique de sa mère. Il fit claquer nerveusement dans son palais pour se laisser le temps de réfléchir. Il pouvait parler d'Elsa et de la glace, non ? Tout le monde, sauf ce chasseur, connaissait sa puissance après tout... Mais cela reviendrait aussi à dire qu'il comptait parmi ses proches. Et si l'étranger décidait de le ramener dans les jupons de sa mère moyennant finance ? Sa petite escapade n'aurait vraiment pas durer très longtemps...

Heureusement, le chasseur ne releva pas la réaction du petit prince et n'insista même pas sur cette question d'apparence aussi banale. L'homme préféra plutôt retourner son attention sur le feu qu'il raviva avant de déposer un gros morceau de viande. Kay en profita pour contre-attaquer et centrer la conversation, non plus sur lui, mais sur son mystérieux mentor. Celui-ci lui désigna alors l'obscurité qui les entouraient et où se trouvaient, sans doute quelque part, la meute de loups qui fascinait tant le prince. Le jeune homme regarda donc dans l'obscurité où il eut l'impression de voir peser sur lui le regard froid des nobles bêtes. Si seulement elles pouvaient l'accepter lui aussi...

Le feu dégagea rapidement une bonne odeur de viande grillée. Le chasseur s'empara alors de la chair et la coupa en deux parties que l'œil précis du garçon jugea quasiment identique. Kay se força alors à nouveau à sourire pour le remercier tout en hochant la tête.

« Merci.. »

Il mordit aussitôt dans sa part, ravi de pouvoir se passer, pour une fois, de couverts. La viande n'était pas écœurante, visiblement de trop bonne facture pour qu'il sente un coup quelconque, ses sens ne percevant que le mal après tout. Le prince mâcha donc sans rien dire, mais reconnaissant envers l'homme qui venait de partager avec lui son repas.

« Qu'est-ce que vous fuyez ? lui demanda subitement et avec assurance son hôte tout en lui tendant sa gourde afin qu'il puisse un peu se rafraîchir le gosier. »

Le jeune homme sursauta, fixant l'air suspicieux le chasseur qui semblait trop perspicace pour être honnête. Il n'y décelait pourtant aucune trace de méchanceté. Il saisit l'outre qu'on lui tendait et but lentement pour se donner le temps de réfléchir à ce qu'il pourrait bien répondre. L'homme avait l'air tellement sûr de lui qu'il était inutile de nier. Il pourrait tout lui dire... Mais s'il décidait alors de le ramener au palais ?

« Je.. Je ne fuis rien de particulier, rétorqua-t-il en baissant les yeux en direction du feu, Je voulais juste voir comment c'était dehors. »

Le prince soupira et décida qu'il pouvait bien lui dévoiler son identité pour vérifier ainsi les intentions de son interlocuteur. Il pourrait toujours lui faire du chantage, le menacer ou le soudoyer s'il connaissait son nom. Il ajouta donc : « Je m'appelle Kay Arendelle... »

« … et vous ? »


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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Mar 24 Mar - 17:37

Les flammes faisaient danser les ombres sur le visage impassible du nobliau. Déjà, à sa première question, le Chasseur avait pu constater que, si sa bouche s'était ouverte, aucun son n'en était sorti. La seconde lui apporta une réponse pour le moins évasive et l'homme hocha la tête sans répondre. Il n'avait pas la finesse d'un membre de la Cour et sa perspicacité se rapprochait plus de l'instinct de la bête sauvage. Celui-là est dangereux. Celle-là n'est pas ce qu'elle semble être. Celui-là cache quelque chose. Une bête peut-être un tantinet plus évoluée dans sa réflexion qu'un lapin de garenne, mais une bête tout de même. Conséquence de quoi : les secrets du petit prince ne l'intéressaient pas. Ils n'étaient pas directement liés à sa propre survie, il pouvait se passer de les connaître. D'ailleurs, l'autre lui en avait peut-être plus dit qu'il ne le désirait : le Chasseur était bien placé pour comprendre qu'on désira fuir l'humanité, surtout quand celle-ci se résumait à une poignée de courtisans cupides.

La gourde était passée de main en main et l'homme planta les dents dans le cuissot entamé, arrachant un lambeau de chair qu'il mastiqua consciencieusement. Arendelle. Ça lui disait vaguement quelque chose. Le Chasseur fronça les sourcils, concentré pour essayer de se rappeler de ce qu'il qualifiait de "considération d'homme" et qui ne l'intéressait pas outre mesure.

« C'est... le nom de ce pays, c'est ça ? Vous êtes un prince, ou quelque chose de ce genre ? »

Les frontières étaient une notion floue pour lui, un découpage arbitraire sans importance puisque dues aux êtres humains. Seuls les limites naturelles trouvaient un peu de sens à ses yeux mais elles se résumaient à des obstacles à franchir, pas à des noms de souverains. Ou de reines, en l'occurrence. Il ne songea même pas au fait que son ignorance pouvait être considérée comme un affront si, effectivement, Kay appartenait à la famille royale. Pour le peu qu'il s'entretenait avec des membres de sa race originelle, sa franchise flirtait souvent avec la candeur d'un gamin. Un gamin bien armé et sous la protection d’une meute de loups.

Quoiqu'il en soit, relancer son protégé lui avait permis de gagner du temps. Qui il était n'était pas une question à laquelle il répondait d'ordinaire et son silence en disait long alors qu'il finissait de nettoyer son os. Il avait rejeté son nom il y a bien longtemps, comme il l'avait fait de tout ce qui le rattachait à ses parents. Quant à son prénom, seuls ses frères l'avaient réellement utilisé, et il ne permettait pas que ce dernier se retrouve dans la bouche de n'importe qui. Les rares personnes ayant tenté de l'interroger n'avaient donc récolté que des silences indifférents, silences d'où ses surnoms étaient nés, faute de mieux. Certains étaient ouvertement méprisants, d'autres plus craintifs. Au final, il avait adopté comme identité le plus neutre d'entre eux. Essuyant ses doigts tachés de gras, l'homme finit par fixer ses yeux sur Kay, gagnant un peu d'aplomb là où ses mots étaient plus hésitants.

« Ils... Enfin, les gens. Ils m'appellent juste Le Chasseur. »

Il jeta un coup d’œil autour de lui, à leur refuge et, au delà, à la forêt plongée dans l'obscurité et la neige.

« Je ne viens pas d'ici. »
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Mer 25 Mar - 23:10


Traque au crépuscule

Je n'ai pas peur de toi. C'est juste que tu m'impressions, un peu. Mais je n'ai surtout pas peur de toi. Je ne suis pas un lâche ou un faible. Je suis Kay, prince d'Arendelle.

Kay & Graham

Bien que les paroles n'étaient pas toujours au rendez-vous, le modeste repas ne cessait de poursuivre son cours. Le fait de mastiquer avait peut-être délié légèrement les langues, à moins que ce ne fût que la viande avait un goût plus agréable que prévu. Kay ne sentait pas vraiment les bonne saveurs de ce monde, mais il devait bien avouer qu'il ne ressentait aucune impression désagréable en sentant la viande dans sa bouche. Toujours est-il que le prince avait naturellement décliné son identité, non pas par prétention comme on pourrait le soupçonner, mais simplement dans l'espoir dans connaître un peu plus sur ce mystérieux étranger.

En entendant le nom du jeune homme, le tueur avait marqué un arrêt dans sa mastication, ses sourcils se fronçant, comme s'il semblait, l'espace d'un instant d'intéresser un peu à son hôte. Il ouvrit rapidement la bouche pour faire part de ses réflexions qui, bien qu'elles n'étaient guère très poussées, n'étaient pas fondamentalement fausses. Kay se contenta de lui sourire et de hocher la tête lorsque son interlocuteur émit l'hypothèse qu'il était un prince. Son orgueil le poussait à reprendre l'étranger en lui disant qu'il était LE prince, mais la prudence l'emportait au final. D'ailleurs, s'il avait quitté la Cour, ce n'était pas pour qu'un voyageur se mît à l'assommer à coups d'éloges bavards et de courbettes malvenues dans une telle obscurité de toute façon.

L'héritier du trône d'Arendelle profita de cet échange de bons procédés pour demander à son tour l'identité de son mystérieux compagnon qui ne semblait pas presser de révéler ce genre d'informations. Qu'à cela ne tienne ! Le prince n'était pas pressé ! Il se contenta d'attendre que les lèvres de l'étranger se desserrent tout en rognant son morceau de viande en prenant soin de ne pas se tacher. Il porta ses doigts à sa bouche pour faire disparaître les restes de la graisse de l'animal au fond de son estomac. L'homme parla finalement et Kay écouta, attentivement. On l'appelait donc le « Chasseur »...

Le prince, l'oreille alerte, ne manqua pas de relever que les mots butaient dans sa bouche comme si l'homme voulait les y retenir et garder pour lui une information aussi banale qu'un simple nom couplé d'un prénom. Il n'aimait donc pas parler de lui et n'aimait même pas qu'on puisse l'appeler par ce qui le rapprochait le plus de la société des hommes. Une fois sa première surprise passée, Kay se contenta de hocher la tête une nouvelle fois avant de reprendre la parole après un silence plus ou moins imposant :

« Hm.. Chasseur, hein ? murmura-t-il alors qu'un timide sourire trahissant son amusement se dessinait dans le coin de sa bouche. Je pourrais peut-être me faire appeler le Prince dans ce cas, mais c'est moins impressionnant que Chasseur, je trouve. »

« Et que fais-tu sur ces terres, Chasseur ? demanda-t-il finalement sans que sa voix n'exprime le moindre reproche. Ne sais-tu pas que les gens sont très peu accueillants par ici? »

Le jeune homme termina son morceau de viande sans rien ajouter. Il estimait avoir déjà trop parler et ne voulait aucunement s'imposer plus que de raison. Quelles questions pouvait-il bien poser sachant que la plupart resterait de toute façon sans réponse ? Dehors la nuit avait totalement reprit ses droits sur le monde et le feu berçait leur cachette d'une tendre lumière. Dehors les bêtes féroces attendaient, veillaient sur leur maître. En regardant bien, le prince avait même l'impression de voir qu'un des loups le regardait et, comme pris au défi, il ne détourna pas le regard de l'obscurité.


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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Sam 28 Mar - 12:19

La susceptibilité n’étouffait pas le Chasseur au point de tirer sa lame pour menacer le prince au moindre sourire. Quoiqu’il restât un peu chatouilleux sur les commentaires que pouvaient lui attirer son mode de vie, ces derniers trouvaient généralement leurs origines chez des inconscients qui n’avaient pas grand-chose à voir avec Kay. A peine son visage se ferma-t-il un peu alors qu’il détournait les yeux de son protégé pour observer le feu.

« Je suppose que ça dépend pour qui, répondit-il calmement après un instant de silence. Vos amis de la Cour sont plus impressionnés par votre titre que par le mien. »

Une ombre traversa son visage. L’ombre d’un sourire. Ses lèvres avaient à peine frémi mais la question du jeune homme l’amusait peut-être autant que Kay l’avait été par son nom. Il trouvait l’idée même d’un pays aux habitants « peu accueillants » assez ironique vu ses antécédents avec… et bien, avec tous les gens qu’il avait pu croiser.

« Je suis… un homme qui vit dans la forêt, avec les loups. Tuer ne m’effraie pas. Ici, ou ailleurs, je ne suis jamais bien accueilli. »

Il eut un instant de réflexion avant de revenir au jeune prince qu’il observa d’un œil neuf, presque surpris.

« En fait, vous êtes la première personne de ces terres que je croise. »

Et pour tout dire, il avait eu bien pire comme première rencontre avec les habitants des autres contrées qu’il avait traversé. Etrange, le petit prince n’était pas le genre de personne qu’il s’était attendu à… tolérer. Il avait la noblesse, la richesse, autant de concepts qui laissaient complètement froid le Chasseur. Puis il surprit le regard du jeune homme en direction des ténèbres, de la meute, et il comprit. Malgré leurs différences, certaines choses plus profondes les liaient.

Son tison improvisé bouscula l’amoncellement précaire de branches enflammées et le feu craqua. Pensif, l’homme prenait son temps pour peser ses mots, puis ses yeux revinrent à Kay qui scrutait toujours la nuit.

« Vous trouverez peut-être votre meute un jour. Ils vous apprivoiseront, et vous les apprivoiserez. »

Sa main se referma sur la garde de son poignard et bientôt, le crissement de la lame contre la pierre couvrit le bruit des flammes. La présence d’un autre homme était peut-être quelque chose de nouveau mais il y avait certains rituels auxquels il ne dérogeait jamais. Aiguiser sa lame, vérifier arc et flèches. Le Chasseur n’était pas un homme matérialiste : son affection ne se portait pas sur de simples objets. Mais sa vie dépendait de ses armes et il s’était fait une spécialité de survivre, il n’abandonnait pas leur entretien au hasard. Ou parce qu’un nobliau avait partagé son repas.

« C'est curieux. Je n'imaginais pas les princes... comme vous. » Remarqua-t-il à mi-voix, concentré sur son travail.
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Sam 28 Mar - 22:36


Traque au crépuscule

Je n'ai pas peur de toi. C'est juste que tu m'impressions, un peu. Mais je n'ai surtout pas peur de toi. Je ne suis pas un lâche ou un faible. Je suis Kay, prince d'Arendelle.

Kay & Graham

Face à l'obscurité, le regard du jeune homme se fit plus perçant. Il désirait tant voir les loups mais ceux-ci restaient tapis dans la nuit comme pour lui prouver qu'il ne serait jamais leur maître. Il repensa alors à ce qu'il avait dit quelques temps auparavant à propos du surnom de son compagnon et de celui qu'il aurait pu lui-même porter. Plus il ruminait ce souvenir, plus il lui semblait que, finalement, se faire appeler le Prince pouvait lui convenir. Il ne serait pas un petit prince parmi tant d'autres, son nom serait rattaché à ce rang comme si lui seul pouvait le revendiquer. Le Prince... Le Chasseur n'avait pas tort en supposant qu'on admirait plus un titre de noblesse qu'une simple profession.

« Ce ne sont pas mes amis.., répondit Kay doucement tandis que sa mâchoire se crispait. »

Avait-il aussi questionner l'étranger sur les raisons de sa venue en Arendelle ? L'avait-il mis en garde contre le manque d'hospitalité des habitants de cette contrée enneigée ? Le garçon, perdu dans la contemplation de la nuit, ne savait plus exactement. Il supposait qu'il avait du le faire. Pourquoi se le demanderait-il sinon ? Les propos du Chasseur ressemblaient d'ailleurs à des réponses à ces éventuelles questions. Lorsqu'il entendit le mot « tuer », Kay tourna son regard glacé en direction de son hôte et le regarda avec attention et sans aucune malveillance. Son œil le sonda simplement en silence. L'homme n'avait pas tremblé en affirmant que tuer ne l'effrayait pas. Rien sur son visage n'avait changé à ce moment précis. Il ne mentait pas.

« En fait, vous êtes la première personne de ces terres que je croise, ajouta le Chasseur en le regardant avec moins de désintérêt que lors de leur première rencontre. »

Kay fronça les sourcils à nouveau et baissa les yeux pour les laisser fuir vers la meute invisible. Il avait encore bien du chemin pour devenir le Prince parmi les princes et soutenir le regard de n'importe qui sans avoir à détourner le sien. Que craignait-il lorsque l'homme posait le sien sur lui ? Le fils adoptif de la Reine d'Arendelle ne savait pas vraiment qualifier ce qu'il ressentait vis-à-vis de ce personnage bien singulier, même s'il se doutait bien, en son for intérieur, qu'il s'agissait d'admiration et de profond respect, ces mêmes sentiments qui l'animaient lorsqu'il était en compagnie de sa royale majesté. Troublé, il ne quitta pas l'obscurité qui lui faisait face. Il avait presque peur que l'homme soit capable de lire en lui car c'était bien la première fois que lui n'arrivait pas à lire en quelqu'un. Le feu craqua sèchement et le Chasseur reprit la parole.

« Vous trouverez peut-être votre meute un jour. Ils vous apprivoiseront, et vous les apprivoiserez. »

Kay ne put s'empêcher de sourire. Il lui fallut aussi se retourner et regarder si l'homme pensait sincèrement ce qu'il avançait. Il le regarda alors, lui offrant par la même occasion, le spectacle de son rictus maladroit. Son œil légèrement plus clair croisa celui sûr du Chasseur. Le prince était résolu à ne pas détourner la tête cette fois-ci. Il n'y vit rien qui puisse ressembler à de la flatterie, mais rien non plus pour le renseigner sur la véracité d'un tel propos. Son hôte ne sembla rien remarquer au premier abord : il avait à présent toute son attention rivée sur la vérification et l'entretien de son équipement. Le jeune homme suivit ce petit rituel avec attention comme pour mémoriser ces gestes précis, comme pour les reproduire un jour par lui-même.

« C'est curieux. Je n'imaginais pas les princes... comme vous, déclara le Chasseur absorbé dans la tâche qu'il était en train d'accomplir avec soin. »

Le sourire du garçon s'étira un peu. Ne venait-on pas de lui avouer à quel point il pouvait être exceptionnel ? N'était-il pas le Prince en devenir ? L'orgueil de Kay était, pour ainsi dire, comblé. Il lui restait pourtant tant à apprendre. Elsa essayait tant bien que mal de le discipliner en lui inculquant l'art de la diplomatie qu'il appelait plutôt « Enseignement Supérieur de l'Hypocrisie » tandis que le grand-oncle lui montrait parfois comment bien tenir droite son épée. Ce qu'il voulait maintenant, c'était tendre la corde de son arc comme l'homme qui l'avait visé quelques temps plus tôt...

« Comment doivent se comporter les princes ?, demanda-t-il alors à son interlocuteur, un air presque amusé sur le bout de ses lèvres, Je n'imaginais pas les chasseurs comme vous. »

Un temps. Un silence. Le feu qui continue de crépitait face au Vent du Nord hurlant à l'extérieur. Dehors, les loups, toujours là, malgré leur absence. Et le verdict tomba...

« Apprenez-moi..., murmura tout à coup le garçon avec sa franchise propre à l'enfance et à l'adolescence, Apprenez-moi à être comme vous. »

Devant, la promesse d'un plus grand avenir.


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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Jeu 2 Avr - 20:23

Son invité avait l’air songeur et le Chasseur poursuivit son travail en silence, les yeux baissés sur sa tâche. C’était sa façon à lui de respecter cet instant de méditation auquel leurs quelques échanges avaient donné naissance. Il sentit le regard du jeune homme peser sur lui, un moment, mais ne releva pas la tête. Pas immédiatement. Cela l'amusait presque de percevoir cette sensation de trouble chez Kay, comme si le petit prince pesait ses derniers mots pour savoir quel sens caché il avait bien pu dissimuler derrière. Mauvaise habitude de la Cour sans doute, où chaque intonation, chaque syllabe, devait être décortiquée si on voulait saisir le sens sous-jacent derrière les belles manières et les ronds de chapeau. On faisait difficilement plus éloigné des nobliaux à la langue si douce, si onctueuse et si terriblement fourchue, que le Chasseur. Le mensonge n’était pas toléré dans son code d’honneur personnel. La vérité et rien que la vérité. Ou du moins, sa vérité, ce qui était déjà pas mal. Elle était le privilège des sauvages : il ne s'en privait pas.

Il jeta un coup d’œil par-dessus le feu. Kay souriait, et malgré l’orgueil de ce sourire, le Chasseur le sentit gagner ses propres lèvres. Une ombre diffuse qui, cette fois, ne disparut pas dans celles des flammes qui dansaient sur les parois de la grotte. La question avait beau être amusée, il y réfléchit avec autant de sérieux qu'à toutes les autres, imperturbable.

« Je ne suis pas sûr. Mais je ne pensais pas partager mon repas avec l’un d’eux, un jour. Dans une grotte. Sous la neige. »

Non, définitivement pas. Il devait y avoir quelque chose de particulier dans cette nuit pour que leurs deux univers si différents se catapultent mutuellement. Il inclina la tête pour observer Kay d’un œil perçant :

« Et comment devrait être un chasseur ? »

Le crissement de sa lame contre la roche cessa alors qu’il levait son arme à hauteur d’yeux. Le reflet des flammes dansait sur le métal et il observa le tranchant du fil, critique. Puis la voix du petit prince résonna à nouveau dans leur abri précaire et le Chasseur tourna son regard vers lui. Son impassibilité de façade avait laissé place à la surprise. Non feinte, puisqu’il ignorait comment mentir convenablement.

« Apprendre à… » Répéta-t-il, comme pour se donner le temps de comprendre la demande du petit prince.

À être comme lui ? Qu’est-ce que Kay entendait par là ? Sans doute pas apprendre à se faire un campement et un petit feu, il avait tout un château à ses ordres.

« À chasser ? » Tenta-t-il, incertain.

Pour ce qu’il connaissait des nobles, leurs parties de chasse ne présentaient aucun caractère commun avec les siennes. Ils traquaient en groupe, à cheval, et torturaient une bête innocente en le pourchassant jusqu’à épuisement. Tout ça pour leur propre… divertissement. Cette façon de faire l’avait toujours particulièrement dégouté.

La dague regagna son fourreau alors que l’homme jaugeait toujours son protégé des yeux, les sourcils froncés :

« Pourquoi ? »
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Sam 4 Avr - 21:39


Traque au crépuscule

Le chasseur traque, tue et se nourrit. Le chasseur ôte la vie pour remplir l'estomac des autres. Le chasseur survit. Apprenez-moi à être comme vous..

Kay & Graham

Le Chasseur ne s'était jamais figuré d'une quelconque façon comment devait être et se comporter un prince. Il répondait d'ailleurs à la question du jeune homme avec un pragmatisme stoïque des plus louables. Il est vrai qu'il devait y avoir fort peu de chances pour qu'un homme vivant avec des loups partageât un jour son repas avec une personne d'un rang aussi élevé. Cela allait de soi. Kay devait-il en comprendre qu'il ne se comportait pas comme le monde le voulait ? Ne pouvait-il pas agir comme bon lui semblait ? S'il avait fui pour un temps le château, c'était bien pour faire comme bon lui semblait et ressembler à l'homme qu'il avait en face de lui ressemblait fort à ce qu'il désirait le plus à présent.

Avant qu'il ne s'abaisse à demander avec beaucoup d'humilité à ce que son hôte accepte de le former aux rudiments de la survie et de la chasse, le prince dut faire face à une autre question à laquelle il aurait du, naturellement, s'attendre. Comment les chasseurs devaient se comporter ? La réponse à apporter lui apparaissait trop facilement à l'esprit pour qu'elle soit tout à fait exacte. Un chasseur chassait. Un chasseur pistait, traquait et achevait proprement la proie désignée. Un chasseur nourrissait les autres. Pour Kay, il s'agissait donc de donner la mort pour favoriser la vie ailleurs. Il répéta malgré tout le fond de ses pensées.

« Un chasseur tue, pour se nourrir et pour nourrir les autres, fit-il en désignant le morceau de viande qu'il avait dans les mains et que son hôte lui avait justement offert. Un chasseur survit. »

Il espérait avoir fait preuve de suffisamment de sagacité pour que l'homme accède à la requête qu'il lui formulait juste après. Il voulait que le Chasseur lui apprenne à être comme lui. Il désirait savoir traquer, tuer et découper proprement le gibier, se repérer dans la forêt, savoir se faire un abris et pouvoir allumer un feu, être ami avec les loups... Mieux encore ! Atteindre ce degré d'impassibilité non exempte de tendresse que le prince sentait poindre chez son hôte et qu'il craignait ne jamais savoir développer en lui-même.

Le Chasseur, qui jusqu'alors semblait absorbé par son ouvrage, releva la tête et regarda Kay avec un air dubitatif, profondément surpris, qui ne manqua pas de désarçonner le prince lui-même. Il s'était habitué à déceler très peu d'émotions chez son interlocuteur et sa réaction dérogeait un peu à l'habitude qui s'était mis en place entre eux. Jusqu'à présent, le jeune homme avait l'impression que l'ermite éprouvait un profond désintérêt pour lui et pour toutes choses humaines d'ailleurs. Sa surprise le poussait à croire que ce n'était pas tout à fait le cas. Sa réaction le mit d'ailleurs plutôt mal à l'aise. Ses joues, fait rare, s'empourprèrent légèrement par pudeur, mais il ne détourna pas son regard pour soutenir celui de son hôte. Il était vraiment sérieux.

« À chasser ? »

La première question ne fit pas fléchir le garçon qui hocha vivement la tête en précisant qu'il prenait le tout chez cet homme-là. Pas que la chasse. Tout.

« Apprenez-moi à être comme vous. »

Tout.

L'homme ne quittait pas pour autant son air surpris. Il fronça même les sourcils et ne quittait pas des yeux son invité. Il rangea d'ailleurs sa lame sans même regarder à bien la rentrer dans son fourreau. Kay ne flancha pas non plus.

« Pourquoi ? »

La seconde question fit chanceler légèrement le prince. Que pouvait-il bien répondre à cette question ? N'aurait-il pas d'abord fallu que le Chasseur répondît par Oui ou par Non avant de poursuivre ainsi ? S'il lui répondait qu'il en avait envie, est-ce que cela suffirait. Le rose de ses joues s'intensifia un peu. Il ouvrit la bouche, mais aucun mot de sortit. Pour la première fois, le prince d'Arendelle se sentit bien sot et présomptueux de croire qu'il pouvait être autre chose que ce que sa mère attendait de lui.

« Je.., se risqua-t-il avant d'abandonner lâchement l'affaire, Pourquoi pas ? »

Pourquoi pas ? Et pourquoi le Chasseur accepterait ? En manque de réels arguments, il était pire que ridicule. Dehors, le vent hurlait, annonçant qu'une tempête faisait rage. C'était peut-être la colère d'Elsa de ne pas trouver son fils adoré. Et s'il n'était que ça : le fils chéri de la Reine des Neiges ?...

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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Lun 6 Avr - 19:43

L’homme inclina la tête, l’air pensif. Tuer pour vivre, nourrir les siens, survivre. La définition que donnait le petit prince lui semblait coller à ce qu’il était. Pourquoi alors lui déclarer qu’il n’imaginait pas les chasseurs comme lui ? Cette question le laissait perplexe. De la part de quelqu’un d’autre, il aurait lu entre les lignes que la différence tenait à une meute de loups, qu’un chasseur ordinaire aurait traquée pour nourrir et protéger une famille humaine. Mais Kay était différent des hommes qu’il avait croisé jusqu’alors, c’était d’ailleurs pourquoi il partageait avec lui son repas. Tout prince qu’il était, il avait du respect pour sa meute.

Il était rare qu’une personne l’intrigue au point qu’il lui consacra du temps. En réalité, c’était tellement rare qu’il ne parvenait pas à se rappeler de la dernière fois, si bien que, si la requête du jeune homme le prit au dépourvu, et le coupa dans ses réflexions sur ce qui faisait de lui un chasseur, il ne la repoussa pas immédiatement.

Kay avait rougi mais il soutenait son regard. L’homme scruta les yeux bleus du petit prince. Il ne savait pas trop ce qu’il y cherchait mais tout ce qu’il put y déceler était de la sincérité. La demande de son protégé ne dissimulait rien, il n’y avait pas de sens caché, pas de sous-entendu derrière ses mots. Il voulait vraiment apprendre à être… « comme lui ».

« Vous devez être malheureux, au château. » Remarqua le Chasseur sans ironie. Si Kay enviait sa vie, il n’était définitivement pas le genre de personne à apprécier le « luxe » d’une existence au milieu des courtisans. Mais la réponse du jeune homme à sa question tenait plus de la pirouette que d’autre chose et les sourcils du Chasseur ne se défroissèrent pas. Il réfléchissait.

Non. Non parce qu’un repas ne signifiait rien. Il n’avait aucune obligation envers le petit prince, pourquoi s’encombrer de sa présence ? Les loups lui avaient toujours suffi. Et il n’avait rien d’un professeur ou d’un érudit. Sa seule sagesse consistait à suivre le meilleur exemple qu’il ait jamais trouvé, tant au niveau de la pureté que de la survie. D’un autre côté, n’était-ce pas une bonne chose pour le monde des hommes qu’un prince cherchât à emprunter la même voie ? Et au-delà du fait que Kay soit de sang royal, qu’un autre homme pensât que c’était l’exemple à suivre ? Était-il juste de refuser de l’aider ? Kay ayant évité de lui répondre, il se retrouvait seul face à ses doutes et ses yeux cherchèrent une réponse dans les flammes alors qu’il mordillait machinalement le coin de sa bouche. Finalement, il releva les yeux vers le jeune homme qui, patient, attendait sa réaction. Le petit prince semblait lui-même assez confus et le vent du nord soufflait sans discontinuer comme s’il avait voulu briser leur petit havre de paix.

« Vous pouvez venir avec moi, demain. »

Le Chasseur eut un soupir, plus décidé que las, et fixa son regard dans celui du prince. Il pouvait parfois réfléchir longtemps une décision mais s’y tenait toujours une fois qu’elle était prise.

« Ce n’est pas un oui. Je ne vous promets rien. Je ne suis pas… Je n’ai jamais rien appris à personne. »

Il abandonna la branche qui lui avait servi de tison aux flammes qui, aussitôt, s’en emparèrent.

« Je ne sais pas si me suivre vous apportera quelque chose, mais je ne vous en empêcherai pas. »

Une journée, c’était tout ce qu’il avait à offrir pour le moment. Le Chasseur vivait dans le présent, le prochain lever de soleil était son horizon. Ses yeux revinrent aux flammes qu’il contempla en silence un instant avant qu’il jeta un coup d’œil au jeune homme.

« Vous feriez bien de dormir. Kay. »
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Lun 6 Avr - 22:17


Traque au crépuscule

Le chasseur traque, tue et se nourrit. Le chasseur ôte la vie pour remplir l'estomac des autres. Le chasseur survit. Apprenez-moi à être comme vous..

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« Vous devez être malheureux, au château. »

La remarque de Chasseur surprit le prince qui eut un léger mouvement de recul. Un simple réflexe de survie sans doute... Bien que vivre au château devait sans doute se rapprocher pour lui à se complaire dans une cage, Kay ne s'était jamais autorisé ce genre de réflexion. Il n'avait jamais osé s'attarder sur le sujet. Ne devait-il pas tout à sa mère qui l'avait recueilli et sauvé d'une tempête de neige ? N'aurait-il pas fini par mourir tout seul perdu dans la nuit et le froid ? En l'espace d'une journée, il était devenu prince, héritier du trône d'Arendelle. Était-il seulement en droit de se plaindre face à un avenir si brillant ? Le jeune homme était plutôt fier de sa condition, mais il devait bien accorder à son hôte que le bonheur n'était pas au rendez-vous dans sa merveilleuse petite histoire... Il n'était qu'un opportuniste aux yeux de la Noblesse qui s'estimait bien plus légitime que lui. Il n'avait pas de véritables amis là-bas... Il ne les aimait pas. Il les détestait même. Pire ! Il se fichait royalement d'eux. Ils n'étaient rien à ses yeux. Rien. Même ce petit Weselton qui se pavanait aux côtés de sa mère n'était rien d'autre qu'un vulgaire cloporte ! La Cour n'était qu'une sombre forêt où chacun faisait ses coups en douces pour se donner plus d'importance aux yeux de la famille royale. Kay n'y avait que des ennemis. Le Chasseur devait bien avoir raison... Il ne pouvait pas être totalement heureux au château. Il lui fallait sortir. Se perdre dans le froid et dans les bois. Traquer. Tuer. Survivre, à sa façon. Sur ces sombres pensées, son regard sembla s'intensifier légèrement. Le feu qui crépitait avait une telle odeur de liberté qu'il avait l'impression que son cœur pouvait à nouveau ressentir la joie face à la nouveauté et l'angoisse face à l'imprévu.

Le prince ne se reconnaissait pas dans les jolis costumes qu'on lui faisait porter. Il avait beau s'habiller en agneau parmi les agneaux, il se sentait bien montrer du doigt par le troupeau, comme si son pelage eut été noir à la différence de la blancheur des autres. Il se reconnaissait davantage en cet homme qu'il venait à peine de rencontrer mais qu'il ne pouvait s'empêcher intimement d'admirer. C'était particulièrement étrange comme sensation. S'il lui paraissait normal de le ressentir pour sa noble mère, il ne comprenait pas exactement comment un tel trouble avait pu naître pour quelqu'un d'autre qu'elle. C'était pour ça qu'il voulait devenir un homme comme le Chasseur et abandonner ainsi son costume de mouton noir.

Silence. Si seulement son hôte pouvait comprendre à quel point c'était important pour lui. Si seulement il accédait à sa demande.

« Vous pouvez venir avec moi, demain. »

Kay sursauta presque. Son cœur venait de manquer un battement. Venait-il de rêver ou le chasseur si casanier venait d'accepter de le former comme il fallait ? Il secoua la tête ravi et, en regardant celui qu'il désirait comme maître, remarqua qu'il le fixait comme s'il était en train de l'étudier pour voir s'il était véritablement digne de tels enseignements.

« Ce n'est pas un oui. Je ne vous promets rien, ajouta-t-il comme pour contenir la joie inconnue qui tiraillait le cœur du garçon, Je ne suis pas... Je n'ai jamais rien appris à personne. »

Le prince fronça les sourcils. L'homme voulait-il déjà revenir sur sa promesse ? S'était-il lui même fait des idées. Il n'avait effectivement pas dit oui après tout. Kay soupira. Il devait bien reconnaître qu'il n'avait entendu que ce qu'il voulait entendre alors que la vérité était loin d'être aussi idéal qu'il se l'était figurer. Il n'écoute pas davantage. Il devait encore faire ses preuves après tout. Le garçon regarda attentivement son interlocuteur. Il avait cru déceler une forme de doute chez lui, comme s'il ne se croyait pas capable de lui apprendre correctement comment devenir un bon chasseur. Il ouvrit aussitôt la bouche pour le détromper d'une idée qu'il estimait fausse mais le Chasseur reprit la parole avant, comme pour réimposer une barrière entre eux : « Vous feriez bien de dormir, Kay. »

Le prince se redressa un peu en fronçant les sourcils. Était-ce là une façon polie, bien qu'un peu brutale, de se débarrasser de lui et d'une conversation que son interlocuteur voudrait éviter ? Kay soupira et tendit la main en direction de son mystérieux bienfaiteur comme pour prêter serment. Il avait un air des plus déterminés sur le visage.

« Je vous promets de ne pas être une gêne, déclara-t-il alors, j'obéirai à tous vos ordres ! Vous ne le regretterez pas ! »

Il y avait toujours cette petite étincelle de vie propre à la jeunesse dans son regard. Il se figurait déjà une journée pleine d'aventures à l'issue de laquelle il ressortirait plus fort que la veille. Bien mal lui avait pris de n'être jamais sorti du palais plus tôt ! Une fois quelques dernières paroles échangées avec le Chasseur et, voyant qu'il ne pourrait pas en tirer davantage, le prince s'étendit à côté de lui, la tête pleine d'espoirs pour les jours à venir. De peur aussi... Peur d'être congédié pour son manque de talent, même s'il préférait ne pas trop y penser sur le moment.

« Bonne nuit alors, Monsieur Chasseur, dit-il un peu naïvement comme il le lui arrivait parfois lorsqu'il était seul avec Elsa, à l'heure du coucher, et qu'il 'avait pas à s'exprimer devant les grands et à soigner son langage. »


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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Ven 10 Avr - 21:00

Le Chasseur jeta un regard incertain au jeune homme qui le fixait avec détermination. Il y avait une candeur surprenante chez ce garçon. Une naïveté et un enthousiasme propre à l'enfance qu'il ne se rappelait pas avoir encore eu, au même âge. La forêt et la vie solitaire l'avaient peut-être endurci mais derrière les élans spontanés de son protégé, l'homme ne s'y trompait pas. Il y avait un loup en devenir qui ne dormait que d'un œil. Il hocha la tête quand Kay promis de ne pas le décevoir et le laissa s’étendre sans ajouter un mot. Le petit prince avait raison de craindre que son nouveau modèle l’écarta : s’il ne l’avait pas formulé, ni à vive voix, ni même pour lui-même, Le Chasseur n’était pas homme à s’encombrer plus que nécessaire, et chaque journée dépendrait de la veille.

Longtemps encore, il fixa le feu. Les flammes jouaient avec ses traits immobiles et les rendaient mouvants, incertains. Était-ce parce qu’ils avaient arrêté de parler ? Parce qu’ils avaient cessé de bouger ? L’un des loups s’aventura jusqu’à leur tanière, malgré le feu. Un sourire sur ses lèvres ramena le Chasseur du côté des vivants et il tendit la main vers l’animal qui vint jusqu’à lui pour frotter brièvement sa tête contre ses doigts. C’est un des jeunes de la portée de l’année précédente, si chétif à la naissance qu'il avait cru qu’il ne survivrait pas. Et pourtant…  il était maintenant le plus rapide de ses frères et sœurs, et son œil à l’éclat écarlate ne le gênait nullement pour repérer les proies. Ils communiquèrent un instant, dans un langage silencieux qui n’avait pas besoin de mots pour s’exprimer, puis l'homme s'allongea et le loup se pelotonna contre lui. Le Chasseur ferma les yeux. La journée de demain ne ressemblerait pas aux autres.

*

« Kay… Kay, debout ! »

Graham lâcha l’épaule du jeune prince après l’avoir légèrement secoué et se redressa. La nuit se retirait à peine et les premières lueurs de l’aube pointaient avec difficulté à travers les épais nuages du ciel d’Arendelle. Heureusement la tempête s’était calmée et si la neige tombait toujours sans discontinuer, la forêt hors de leur abri ne paraissait plus si menaçante. Debout face à elle, le Chasseur scrutait le paysage. La meute avait disparu mais il la savait non loin, rôdant entre les arbres. Il se retourna vers son invité à qui il jeta un bref regard, puis s’accroupit auprès du foyer éteint. Quelques braises couvaient encore, il s’employa à les réveiller.

« Te… Tiens. Remplis ça avec de la neige. »

Au garçon enfin levé, il tendit un récipient tout cabossé qui avait dû en voir d’autre. Ils le suspendirent ensuite au dessus des flammes et accroupi, le Chasseur attendit que la glace fonde pour rajouter une poignée de racines tirées de sa sacoche. L’homme se rassit et les yeux bleus de l’adolescent à ses côtés lui rappelèrent qu’il n’était pas plus à l’aise que la veille en société. Replongeant la main dans son sac, il en remonta quelques lanières de viande séchée protégées par un vieux morceau de tissu :

« Tu as faim ? »
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Mar 14 Avr - 20:12

Le jeune prince ne s'endormit pas tout de suite. Le sommeil avait toujours eu pour habitude de le bouder un temps soit peu à l'heure du coucher. Pourtant, la nervosité qu'il croyait ressentir au fond de lui-même rendait cet instant plutôt inhabituel. Dès le lendemain, il apprendrait l'art complexe de la chasse. Dès le lendemain, il lui faudrait faire ses preuves sous peine d'être rejeté de la meute. Tous les jours, il devrait montrer une quelconque utilité afin de continuer cet apprentissage de la vie. Kay devrait s'affranchir et devenir un homme, un loup parmi les agneaux belliqueux.

Les sombres rêves qui hantaient l'esprit du garçon ne manquèrent pas de s'emparer de sa nuit. Dès qu'il vit des fleurs de verre sortir de la neige et la colorer de rouge, il comprit que le cauchemar était revenu. Dès qu'il vit les lambeaux de chair anonymes, une sensation de peur intense l'étreignit aussitôt. Ces rêves lui étaient suffisamment familiers pour qu'il puisse les reconnaître, mais même s'il les savait fondamentalement faux, il ne parvenait pas pour autant à ne pas les craindre. Il avait l'impression que son corps était gelé, sensation qu'il ne ressentait que dans son sommeil. C'était la nuit qu'il prenait pleinement conscience qu'un jour il pourrait mourir.

« Kay... » Comme la forme serpentine s'enroule autour de sa jambe et remonte lentement le long de son corps naissant d'adolescent... Quelque chose le fait trembler. Un monstre ! « Kay, debout ! »

L'adolescent ouvrit aussitôt les yeux tout en se redressant violemment, guettant son environnement immédiat, une angoisse innommable dans le regard. Une sueur froide perlait sur son front qu'il balayait sans tarder d'un geste rapide de la main. Le visage du prince était redevenu aussi figé que la surface glacé d'un lac figé par l'hiver. Cache tout ça, n'en parle pas. Kay garda le silence et se contenta de regarder le Chasseur qui, après un bref coup d'œil dans sa direction, se pencha vers les cendres pour en faire renaître la fumée puis le feu.

« Te..., sembla hésiter son protecteur avant de lui tendre un objet, Remplis-ça avec de la neige. »

Kay s'en empara alors mais il ne put s'empêcher de détailler un peu ce qu'il tenait dans les mains. L'objet était d'assez mauvaise facture. Des bosses le déformaient de toute part, si bien qu'il était impossible d'estimer à quelle pouvait bien être sa forme initiale. Le jeune prince ne put s'empêcher de lancer un regard étonné et hésitant à l'intention de son professeur. Qu'allaient-ils bien faire avec un peu de neige ? Pourquoi vouloir en emporter avec soi alors qu'il y en avait partout dans ces froides contrées ? En voyant le feu, il comprit finalement et, après avoir hoché la tête, il s'activa à la tâche avec la même application que lorsqu'il lui avait fallu ramasser du petit bois. Le Chasseur l'aida ensuite à suspendre le récipient au-dessus du feu et Kay put le voir jeter quelques mets primaires dedans.

« Tu as faim ? »

Le regard vide du prince se posa à nouveau sur celui de son instructeur. Il n'avait pas spécialement faim. Il n'en ressentait d'ailleurs jamais l'envie, mais on lui avait dit qu'il fallait se nourrir pour vivre. Elsa tenait à ce qu'il s'alimente correctement. Le jeune homme baissa la tête.

« Ne vous embêtez pas pour moi, trancha-t-il simplement, bien décidé à n'être en aucune façon une gêne pour le Chasseur. Mangez si vous avez faim. »

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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Jeu 23 Avr - 20:06

L'homme ouvrit la bouche. Il faillit dire à son protégé qu'il devait manger. Que la traque et la chasse nécessitaient plus de forces que de vivre dans un château et que se nourrir quand on en avait l'occasion était la première règle de la survie. Aucun son ne franchit pourtant la barrière de ses lèvres et son visage se referma. Il hocha simplement la tête, puis ses dents déchirèrent la première lanière de viande séchée qu'il mastiqua consciencieusement. Il n'allait pas commencer à materner son protégé dès le matin alors qu'il s'était promis de ne pas trop s'impliquer. Il avait prévenu Kay qu'il devrait se gérer tout seul, ou du moins, il estimait l'avoir fait. Si le jeune homme n'était pas capable de calculer ses propres besoins primaires, ce n'était pas son affaire.

Les racines infusèrent encore quelques minutes dans l'eau qui commençait à bouillir, puis le Chasseur retira le récipient du feu, attendant un peu avant de tremper ses lèvres dans le breuvage fumant. La mixture était loin d'avoir un goût agréable mais il avait pris l’habitude de son amertume prononcée et ne broncha pas. Il jeta un coup d’œil au jeune homme à côté de lui. S'il avait saisi un éclair de panique quand ses yeux s'étaient ouverts, son protégé s'était complètement repris depuis et arborait une expression imperturbable. Le Chasseur revint à sa timbale qu'il vida de moitié avant de la reposer dans la neige entre eux. Sans un mot, il s'employa à éteindre le feu et en disperser les restes. Il était le Chasseur, il ne permettait pas à quiconque de le traquer. Ou en tout cas, il ne faciliterait pas la tâche.

« Allons-y. » Lança-t-il finalement au garçon. Il vida ce qui restait de sa mixture dans la neige sans vérifier si Kay avait fini par y boire ou pas.

La neige fraîche crissait sous ses bottes. Il se laissa glisser sur les quelques mètres de pente qui séparait leur abri de l’orée des bois. S’il s’était soucié d’effacer les traces de son campement, cette nouvelle coulée dans le manteau blanc ne le préoccupait pas. Ni elle, ni les empreintes de pas qui s’y imprimèrent bientôt à leur tour. Les flocons semblaient ne jamais vouloir cesser et recouvriraient bien assez vite les preuves de son passage. Le Chasseur leva ses yeux vers le ciel encore obscur, observant les circonvolutions lentes des nuages, puis se tourna vers le petit Prince :

« Cette neige… Elle n’est pas naturelle, n’est-ce pas ? Elle ne s’arrête jamais ? »

Il laissa Kay le rejoindre et marcher à sa hauteur. Les deux hommes progressaient sans hâte à travers la forêt et bientôt, les premiers rayons du soleil percèrent nuages et branchages pour leur apporter un peu de lumière. Le Chasseur n’était pas pressé, il vivait depuis si longtemps au rythme de la nature qu’il n’avait qu’à suivre son instinct pour reconnaître le moment où la traque devait commencer. Les arbres, de plus en plus serrés jusqu’alors, s’éclaircirent brutalement sur une petite clairière enneigée. L’homme s’arrêta, observant les alentours, puis ôta l’arc de son dos :

« Tu as déjà tiré ? »

Sans ajouter un mot de plus, il tendit l’arme au jeune prince, puis son carquois. On allait voir ce dont était capable le garçon.
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Dim 26 Avr - 11:42

Le prince soutint sans méchanceté le regard de son mentor. Celui-ci ouvrit la bouche l'espace de quelques secondes avant de la fermer à nouveau. Qu'y avait-il à dire de toute façon. Kay hocha la tête et détourna son regard. Leur cachette lui parut bien plus petite qu'il ne l'avait cru la veille. Dehors, le soleil n'avait pas encore percé à l'horizon, mais le ciel semblait déjà annoncer les premiers rayons de l'aurore. Il regarda ensuite son hôte mordre dans un morceau de viande séchée puis porter à ses lèvres un peu de la boisson odorante formée à partir de neige fondue et de quelques racines inconnues. Si la vue du jeune homme était affectée, son odorat demeurait intact et il lui semblait bien que cet espèce de jus avait une bien étrange odeur. S'il le portait à ses lèvres, son cœur glacé l'empêcherait d'en reconnaître les saveurs ; c'est pourquoi il se contentait d'humer l'étrange senteur. Le Chasseur quant à lui buvait volontiers sans plus s'inquiéter de son jeune convive. Une fois cette frugale observation accomplie, Kay fut invité à sortir et s'exécuta sans se faire prier davantage.

Une fois dehors et malgré l'obscurité, le prince d'Arendelle retrouva un paysage bien familier : de la neige à perte de vue. Les tendres et froids flocons tombaient avec douceur et caressaient parfois sa joue. Kay se redressa aussitôt et suivit son mentor sans rien ajouter. Il n'était plus temps de contempler ce qu'il pouvait voir tous les jours. La neige qui tombait du ciel n'avait rien d'exceptionnel ici ! Mais le jeune homme ne s'était jamais lassé du seul spectacle qui ne lui donnait pas la nausée. Il avait les yeux rivés sur les traces que le Chasseur faisait dans la neige si bien que, lorsque celui-ci s'arrêta d'un coup pour regarder le ciel obscure, le prince le percuta maladroitement. Il se recula aussitôt, gêné de se retrouver en flagrant délit de maladresse, ce qui ne lui était pas habituel pour ainsi dire.

« Cette neige...Elle n'est pas naturelle, n'est-ce pas ? Elle ne s'arrête jamais ? murmura le Chasseur à son attention sans le sermonner ni lui demander de faire plus attention en marchant. »

Kay leva ses yeux en direction de l'étranger. Comment pouvait-il ignorer un fait tellement flagrant dans ce pays ? Le prince fronça les sourcils. C'était plutôt inhabituel de rencontrer quelqu'un qui ne connaissait pas la réputation des terres d'Arendelle et de la Reine qui les avait enfermées dans un hiver sans fin. Chasseur était un curieux personnage. C'était peut-être pour cette raison qu'il souhaitait tant le suivre et fuir un quotidien devenu trop habituel pour ne pas lui apparaître aussi morose.

« Vous avez remarqué aussi ? souffla le jeune prince, Moi ce qui m'a toujours plu ici c'est que... »

Kay s'arrêta quelques secondes. Pouvait-il pour autant parler de ce qui était une évidence pour les habitants du royaume ? On n'avait pas l'habitude d'accueillir des étrangers dans le coin après tout... D'un autre côté, le Chasseur n'était plus au sens stric un inconnu pour lui ; c'était son mentor à présent et il lui devait le respect. Le garçon se mordit la lèvre avant de poursuivre son explication en laissant tomber un flocon de neige sur sa paume glacée.

« … Les flocons sont parfaits ici. D'habitude, il y a toujours une imperfection... Mais pas ici. Il ne neige pas toujours, mais c'est toujours aussi beau quand la Reine décide qu'il doit neiger. »

Devant eux, un autre spectacle superbe vint irriter les yeux du garçon. Le soleil se leva enfin et le feu se fit dans le ciel. C'était la première fois que le prince assistait au lever du jour si bien qu'il ne lui prodigua aucun dégoût. Bien au contraire ! L'orgueil naissant de l'adolescent le poussa à se sentir minuscule face à l'immensité du ciel doré. Où était parti le Soleil pendant la nuit ? Kay se garda bien de formuler ce genre de question à son compagnon de peur de passer pour un sot. Dès qu'il vit que le Chasseur le regardait, il baissa aussitôt la tête et effaça cet expression admirative qui avait malencontreusement percé à travers sa figure de glace.

Bien entendu, le Chasseur réservait une autre surprise à son obligé. Il s'arrêta une nouvelle fois et, après s'être délesté de l'arc qui trônait sur son dos, le tendit au prince pour l'inviter à tirer sans lui donner le moindre conseil. Kay fronça les sourcils et réprima la surprise qui s'était dessinée sur son visage. Sur quoi voulait-il donc qu'il plante sa flèche ?! Il hésita quelques instants avant de saisir l'arc qu'on lui tendait. Il était plus lourd qu'il ne l'aurait cru. Il regarda l'arme et la tendit devant lui avant d'essayer de tirer sur la corde. La flèche qu'il avait placée partit avant de s'écraser moins de six mètres plus loin. L'échec était cuisant...

« Le vent a dévié la flèche, prétexta-t-il en grognant. Laissez-moi réessayer. »

Le prince refusait d'avouer qu'il manquait tout simplement d'expérience dans le domaine. Sa posture pour tirer laissait tout à fait à désirer. Sa façon de tendre la corde relevait du débutant. Le vent n'y était pour rien dans cet échec que l'adolescent ruminait avec amertume... Qu'il réessaye deux ou vingt fois, il échouerait à nouveau sans réelle approche méthodique.

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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Mer 29 Avr - 20:46

Le Chasseur glissa un coup d’œil vers son protégé. L'adolescent venait de le heurter mais son mentor prit le parti de ne pas relever la maladresse. Ses yeux s'étaient à nouveau levés vers le ciel et l'homme tendit sa main gantée de cuir pour s'y laisser déposer quelques flocons. Non, il ne connaissait pas la réputation du royaume, de sa reine, du pouvoir de cette dernière... Le monde sauvage, celui des bois et des bêtes, n'avait aucun secret pour lui mais il en était tout autrement pour celui des hommes. Si leur rencontre s'était faite en d'autres lieux et d'autres circonstances, leurs rôles, la maîtrise de l'un, la gaucherie de l'autre, se seraient facilement inversés. Mais les dés avaient été jetés et ici, il était celui en position de force. Quoiqu'il n'ait aucune idée d'où vint cette neige étrange jusqu'à ce que Kay évoque la reine. Égal à lui-même, le Chasseur se contenta de hocher la tête pour toute réponse.

Paradoxalement, alors qu'il demeurait plus sensible à la beauté du monde que son protégé maudit, la perfection des flocons lui échappait. Quelques uns d'entre eux s'étaient déposés dans sa paume tendue. Ils étaient beaux, c'est vrai, et différents de ceux qui avaient pu blanchir son ciel jusque là, mais qu’est-ce qui les rendait si singuliers ? Il aurait été bien en peine de le dire. Comme lui, Kay avait tendu la main et leurs regards se croisèrent un instant. Le Chasseur ne se rendit même pas compte qu'il commençait déjà à communiquer avec le jeune homme comme il le faisait avec sa meute.

Ses bottes s’enfonçaient de plus en plus profondément dans la neige au fur et à mesure qu’ils progressaient dans les bois. Plissant les yeux quand les premiers rayons du soleil vinrent les brûler, il détourna le visage vers le garçon qui marchait à ses côtés. L’ombre d’un sourire passa sur ses lèvres quand il tomba sur l’expression béate de ce dernier et que Kay la fit disparaître en vitesse.

Le Chasseur prit la tête et déboucha en premier dans la clairière qu’il jugea parfaite pour tester le jeune homme. Les bras croisés, il l’observa soupeser son arme et encocher maladroitement. Il avait supposé que l’apprentissage du tir était une des disciplines qu’un prince se devait de suivre. Apparemment, soit il avait eu tort, soit Kay n’avait eu que de très mauvais instructeurs.

« Il n’y a pas de vent », remarqua-t-il avec sa franchise brute habituelle, sans agressivité particulière. Abandonnant le garçon et sa mauvaise foi seuls au milieu de la neige, il se dirigea vers un arbre à la lisière opposée et tira sa dague pour y tracer une cible grossière. La lame retrouva son fourreau alors qu’il revenait vers le petit prince. Le Chasseur récupéra l’arc des mains du jeune homme et encocha à son tour, adoptant la posture de tir qu’il lui était presque aussi naturelle que de marcher ou courir.

« Regarde. »

Il tint la position quelques secondes de plus qu’il n’en avait réellement besoin pour viser, laissant à Kay le temps d’observer la façon dont il se tenait, puis lâcha la corde. Il y eut un léger claquement, la flèche fusa et termina sa course au cœur de la cible qu’il avait tracé auparavant. L’homme baissa son arme et jeta un coup d’œil au petit prince avant de déposer l’arc entre ses mains une nouvelle fois. D’un œil sévère, il l’observa bander la corder avant de secouer la tête.

« Non, pas comme ça. »

Sans réfléchir, le Chasseur se plaça derrière le garçon pour l’aider à ajuster son tir. Il ne réalisa qu’après coup qu’il y avait des années qu’il n’avait pas eu une telle proximité avec un autre être humain. Une demi-seconde d’hésitation fut le seul indice de ce trouble passager, puis sa main se posa successivement sur l’épaule, la hanche et la tête de l'adolescent dont il rectifia les positions. L’homme se recula ensuite d’un pas.

« Tire maintenant. »

Il ne voyait pas l'intérêt de perdre du temps à lui apprendre à viser s'il n'était déjà pas capable de lancer une flèche correctement.
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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Ven 1 Mai - 20:11

La flèche était allée s'écraser lamentablement dans la neige comme si elle avait été trop lourde pour espérer s'élever plus longtemps au dessus du sol. Le visage du prince s'était figé dans une moue boudeuse face à l'inefficacité de son tir. L'échec ne faisant pas partie de ses habitudes, Kay prétexta que le vent venait simplement de lui jouer un mauvais tour et qu'un second essai prouverait assurément qu'il était digne de poursuivre l'entraînement du Chasseur. Celui-ci, loin d'être dupe, déclara simplement qu'aucune brise ne se faisait sentir et, tournant le dos à son disciple, s'en alla érafler l'écorce d'un arbre. Si l'adolescent pouvait se vantait de ne ressentir que bien peu de sentiments, il ne pouvait pas cacher que l'attitude de son mentor lui déplaisait au plus haut point. Son orgueil de jeune héritier mâle lui donnait même l'impression que le nœud qu'il sentait dans son estomac était un symptôme de la frustration d'être ainsi ignoré et rabaissé. Qu'en savait-il d'abord ce Chasseur ? S'il avait eu une épée, il lui aurait montré qu'il savait bien se débrouiller avec une véritable arme à la main ! Il l'aurait enfoncé dans son ventre pour en sortir tous les viscères et l'affront aurait été réglé avec honneur...

Le Chasseur, ignorant tout de la rancœur du garçon, revint vers lui après s'être adonné à de bien piètres talents artistiques. Il attira alors son attention en lui intimant l'ordre de bien le regarder et se mit en position pour décocher une flèche en direction de l'arbre qu'il avait marqué. Kay comprit aussitôt et s'adoucit quelque peu. Il regarda avec attention, son œil clair ne manqua pas le moindre mouvement du maître. Celui-ci lâcha d'un coup la corde de son arc et son projectile fusa se planter pile dans la croix qu'il avait dessinée sur le tronc du vieux pin. C'était un sans faute ; un tir parfait ! Le prince, bien qu'encore vexé, ne put retenir un air d'admiration. Il avait l'impression d'avoir compris pourquoi son mentor avait réussi. Il se tenait différemment et montrait davantage de souplesse alors que l'adolescent, de son côté, tenait son arc, comme s'il portait une lame. Il tirait comme s'il s'apprêtait à charger. Or, ces deux arts de la guerre étaient parfaitement différents. Peut-être que s'il s'y prenait comme...

Son mentor l'interrompit dans ses élucubrations en lui tendant aussitôt l'arc pour qu'il puisse se ridiculiser à nouveau. Kay ne protesta pas et profita de cette occasion pour faire ses preuves. Il prit l'arme et un nouveau projectile et tenta d'imiter la position qu'avait pris le maître. Il n'avait pas manqué de voir comment il tournait légèrement son bassin sur le côté et la façon qu'il avait de soulever son coude tout en tirant la corde en arrière. Il avait pourtant omis certains détails, trop nombreux pour que son œil seul puisse, en une fois, tous les mémoriser. Une fois dans la posture qu'il jugea la plus similaire à celle du Chasseur, il s'apprêta à tirer vers le vieil arbre.

« Non, pas comme ça, le coupa aussitôt la voix du traqueur, avant même qu'il ait eu le temps de tirer. »

La sanction était sans appel. Pas comme ça... Kay grinça des dents et s'apprêta à protester que si on ne le laissait pas vraiment essayer, il n'y parviendrait jamais. Il aurait très bien pu ajouter que cela n'était pas très honnête de le déconcentrer alors qu'il s'apprêtait à décocher sa flèche, mais le Chasseur ne lui en laissa guère le temps. Il se trouvait déjà derrière lui pour l'aider à améliorer sa posture de tir. Le prince sursauta d'ailleurs lorsqu'il sentit la main de celui-ci peser sur son épaule pour l'inviter à la baisser légèrement. Il se laissa pourtant faire, vulgaire marionnette, simple apprenti, confiant envers son mentor, malgré son mauvais caractère. Lorsque tout fut parfait aux yeux du professeur, celui-ci l'invita à réitérer l'expérience. L'adolescent lâcha alors aussi la corde et la flèche s'en alla s'écraser en un souffle au pied du vieux pin.

Ce n'était pas si mauvais... Kay se retourna aussitôt et gratifia le Chasseur d'un sourire ravi avant de se ressaisir et de baisser légèrement les yeux comme pour s'excuser d'avoir manquer la cible et de se réjouir pour si peu.

« Par-don.., articula-t-il lentement. C'est.. encore raté. »

Il aurait plutôt préféré dire « Merci » pour les précieux conseils que venait de lui prodiguer son mentor. Il y avait bien quelque chose qui s'était passé lorsque celui-ci avait voulu l'aider à bien tirer. Quelque chose qui se situer au niveau du cœur et qui, à ce titre, ne trouvait aucun nom à son esprit. Quelque chose que ni l'amour d'une mère ni l'entraînement sévère d'un oncle ne pouvait lui apporter.  L'enfant releva légèrement les yeux pour voir la réaction de l'adulte. Il ne lui en voulait plus du tout de ne pas l'avoir ménagé lors de son premier échec. Ce qu'il avait ressenti, c'était peut-être ça, apprendre, transmettre un savoir-faire à quelqu'un.

« Merci.., ajouta-t-il finalement avec une certaine humilité. »

Il y avait tout dans ce simple mot. La reconnaissance de recevoir un tel enseignement. Le Chasseur était son mentor après tout, et il avait l'air bien plus fort que l'oncle Klaus ! Mais on pouvait aussi y trouver une joie refoulée de recevoir quelque chose de quelqu'un d'autre que sa royale mère. C'était comme s'il pouvait être autre chose qu'un vulgaire nobliau en culottes bleues. Il avait vraiment l'impression d'avoir compris... La façon de bien se positionner pour tendre sa corde et planter sa flèche droit vers l'ennemi – ou, en l'occurrence ici, à ses pieds. Il avait surtout compris qu'il pouvait, lui aussi, se reposer sur d'autres personnes pour devenir plus fort.

« Voulez-vous que nous recommencions ? hasarda le jeune prince en s'emparant d'une nouvelle flèche. »

Kay brandit à nouveau l'arme et imita du mieux qu'il put ce qu'il avait enregistré comme étant la posture idéal pour tirer. Il se retourna alors, le regard inquiet en direction de son professeur. Faisait-il un peu mieux que les dernières fois ? Il avait presque envie de voir de la fierté dans cette figure d'autorité à laquelle il s'identifiait désormais.

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MessageSujet: Re: Traque au crépuscule [Kay] Jeu 14 Mai - 8:47

Kay ne fut pas le seul à se réjouir de ce demi-succès. Quoique le contentement fût plus difficile à discerner chez le mentor que chez l’élève, il y avait une certaine fierté dans le regard du Chasseur. La même qu’il ressentait lorsqu’un louveteau de sa meute faisait ses premiers pas, ou traquait sa première proie. S’il trouvait curieux de l’éprouver pour un humain rencontré la veille, il n’en laissa rien paraître et répondit aux excuses du jeune homme par un hochement de tête qui, tout du moins dans son esprit, équivalait à un « C’était pas si mal ».

Celui qui tirait le plus d’enseignement d’une rencontre n’était pas toujours qui on croyait. Pour le Chasseur, la leçon était plus insidieuse, elle ne porterait ses fruits que des années plus tard, mais le fait est que Kay avait plus à lui offrir qu’ils ne l’imaginaient tous les deux. Pour le moment cependant, il était en position de force. Les bras croisés et les talons bien plantés dans la neige, il semblait la figure même de l’instructeur sévère face à un apprenti inexpérimenté. Excepté le fait qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il faisait, évidemment. La vexation de Kay par exemple lui était complètement passée au dessus de la tête. Il n’avait jamais été très doué pour comprendre les êtres humains, malus non négligeable lorsque l’on tentait d’enseigner à l’un d’entre eux.

Le garçon s’empara d’une autre flèche et le coin de la lèvre de son mentor se souleva imperceptiblement. Sans doute le sourire aurait-il été un peu moqueur ou ironique chez n’importe qui d’autre mais le Chasseur en avait trop peu l’habitude pour manier ses nuances avec aisance. Comprendre et se faire comprendre, les deux facettes d’un même problème chez un homme qui se voulait plus loup qu’humain. Il tendit son doigt vers la cible :

« Tu vas recommencer jusqu’à la toucher. »

Cette fois-ci, il ne l’interrompit pas et le laissa se placer seul. La position était encore un peu précaire bien sûr mais il y avait un grand mieux. Le reste n’était qu’affaire d’entraînement, afin que le mouvement devienne aussi naturel que les enchaînements d’épée que Kay devait expérimenter depuis l’enfance. Le Chasseur l’observa tirer à nouveau, constata que la trajectoire de la flèche était maintenant presque rectiligne, quoique elle ne toucha toujours pas la cible. Il laissa l’adolescent continuer à travailler la force de son tir et son positionnement propre pendant quelques salves puis finit par intervenir.

« Essaye en visant avec ton autre œil. »

Avant de prendre le temps d’ajuster son tir, il fallait qu’ils déterminent si Kay était parti du bon pied. Un hurlement soudain lui fit tourner la tête. Le loup était invisible, sans doute à une centaine de mètres, plus loin, dans les bois. Si les hommes restaient un grand mystère à ses yeux, sa meute en revanche n’avait pas de secret pour lui. Ce n’était pas un appel à la chasse. Ce n’était pas un signal de détresse non plus. C’était un avertissement. Presque aussitôt, une bourrasque plus violente que la brise qui avait soufflé jusqu’à présent se leva. Elle retomba vite mais lorsque les yeux du Chasseur se dirigèrent vers les nuages, il constata que leur couleur avait viré à un anthracite de mauvais augure.

« C’est curieux, remarqua-t-il d’un air absent,  le ciel a l’air en colère. »

Comme un animal grognant et replié sur lui-même, la tempête guettait et grondait au loin, mais ne semblait pas décidée à éclater dans l’immédiat. Seul le vent, à présent plus agité, alternait les coups brusques et les accalmies trompeuses, annonçant sa venue prochaine. Malgré les explications, certes un peu vagues, de Kay, plus tôt, Le Chasseur ne fit pas le rapprochement avec l’humeur de la reine. Il se contenta d’observer que le ciel ne leur tomberait pas sur la tête tout de suite, et qu’avec cette nouvelle configuration, le petit prince allait devoir apprendre plus tôt que prévu à sentir venir les caprices du vent.

« Concentre toi, lui conseilla-t-il.  Il faut arriver à… à anticiper ce qui t’entoure. Trouver le bon moment. »
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