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Forum RPG dérivé de la série Once Upon A Time
 

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 Il est temps. [Jefferson]
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MessageSujet: Il est temps. [Jefferson] Jeu 1 Jan - 14:43




Il est temps




Je passe mes journées avec Jolly. Elle est gentille, mais ce n'est pas un humain. Elle n'a pas beaucoup de conversation. Par conséquent, je réfléchis énormément. Quoiqu'il arrive, que je descende ou non, je ne verrai personne tant les habitants sont apeurés par ce qui risque de leur arriver. Pour ma part, je serais bien allé voir ces crevasses de plus près. Mais je n'irai pas seul, bien sûr, je ne voudrais pas disparaître. J'attends que Swan se décide à aller enquêter et demande un volontaire, et là j'en serai.

Je pense à tellement de choses, lorsque je suis seul sur le pont, à regarder la mer et l'horizon se confondre au lointain. Il y a longtemps que j'ai appris que la ligne d'horizon n'est qu'un effet d'optique et qu'en naviguant vers elle on n'a pas l'impression de s'en rapprocher. Je pense à Baelfire que j'ai vendu pour partir. J'espère qu'il a pu s'échapper à son tour et qu'aujourd'hui il est en lieu sûr. En réalité, peut-être qu'il est ici, lui aussi et que je ne l'ai juste pas encore croisé. De toutes façons, je pense que cet enfant me déteste. Il aurait ses raisons, bien sûr. Sa mère est partie avec moi, puis elle est morte, je l'ai récupéré et lui ai appris des choses comme s'il était mon fils avant de le vendre contre un échappatoire à Pan. J'espère juste qu'il n'est pas aussi rancunier que son père ou moi-même.

Je pense aussi à Wendy. Petite Wendy, restée sur cette Île maudite en proie à Pan. Si seulement on avait réussi à la retrouver le jour où nous sommes partis ! Si seulement j'avais pu tenir ma promesse et l'emmener avec nous. Elle serait devenue la meilleure Pirate du monde. L'équipage aussi adorait cette gamine. Elle était tellement terre à terre et tellement naïve en même temps ... Je dois absolument trouver un moyen de lui porter secours. Je dois trouver un moyen de tenir ma promesse. Je suis un homme d'honneur ! Elle aussi, doit me détester.

Et tout naturellement, mes pensées se tournent vers mes hommes. Je ne sais pas où ils ont pu passer. J'espère aussi que tout va bien pour eux. C'est le meilleur équipage que j'aie jamais vu au cours de ma vie de Pirate. Une bande de Corsaires qui volent un navire du Roi pour venger la mort de leur Capitaine. Cela ne pouvait que donner de bons Pirates, dociles et loyaux. Obéissants aussi. Le meilleur équipage.

Je soupire et prends une gorgée de Rhum. Il faut absolument que je me sociabilise. Que je voie du monde, que je parle, que je me dispute, que je me batte même s'il le faut. Mais avoir des contacts humains, sinon je vais devenir fou à force de ressasser et de me dire que tout est de ma faute. Allez Killian, du nerf ! Tes hommes seraient déçus de te voir broyer du noir seul sur Jolly. Je descends dans mes appartements pour enfiler un manteau. Les nuits se rafraîchissent un peu, ces temps-ci. Je bois une nouvelle gorgée de Rhum, comme pour me donner un courage qui m'a échappé en même temps que mon équipage. Je me donne des airs, voilà tout.

Je descends la coupée et me trouve sur le port. Un regard autour de moi m'apprend que je suis seul sur le dock, même si je m'en doutais un peu. Seul un Pirate vit sur son navire. D'ailleurs, je n'appellerais pas les bateaux amarrés ici des navires. Tout au plus de la plaisance, et encore. Je marche le long du port, imaginant ce qu'aurait pu être ma vie si je n'avais pas vendu Baelfire, si je n'avais pas abandonné Wendy, si j'avais toujours mon équipage. Mes pas m'ont mené au Rabbit's Hole. Ça fera l'affaire.

Je pousse la porte du pub, cale un sourire un peu suffisant sur mes lèvres et entre. Je vais directement m'asseoir au comptoir, et demande un verre de Rhum, bien tassé. Oui, je viens dans un bar boire une boisson que j'ai à foison sur mon navire. L'ironie m'arrache un petit rire avant de me souvenir que je suis là pour parler à des gens. J'essaie d'entamer la conversation avec mon voisin, un pauvre pochtron déjà ivre. Morbleu. Je n'aurais sans doute pas du venir dans un bar chercher un humain à qui parler. Je suis ici, j'y reste. Je prends mon verre et sirote le liquide ambré en jetant des coups d’œil autour de moi. Ils sont tous dans le même état. Il n'est pas tard, quelqu'un d'intéressant devrait passer la porte incessamment, sans doute. Je fixe le pan de bois, espérant voir entrer quelqu'un à qui je pourrais parler.
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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Sam 3 Jan - 18:25


Il est temps ?

Mais le temps il faut le tuer !

“I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because...”
Jefferson & Killian

C'était une belle soirée. Il pleuvait mais il y avait toujours un peu d'ambiance dans ce bon vieux Rabbit's Hole. L'homme était rentré dans le bar d'un pas léger pour y retrouver ses amis autour d'une bonne bière et plaisanter en jouant au baby-foot ou au billard. Les fléchettes, c'était bon pour les petits joueurs de chez Granny's ! L'homme portait une élégante chemise à carreaux rouges sous une fine veste de laine, un jean simple et une montre d'un certain prix attachée fièrement à son poignet. Avec sa barbe d'à peine trois jours, il avait un charme naturel qui n'était pas sans rappeler l'ancien shérif de la ville. Un bel homme en quête d'une conquête pour une nuit ou pour la vie. Il pouvait se le permettre après tout !

Il passa près d'un client inhabituel mais qui avait quelque chose d'étrangement familier. Celui-ci laissait pendre au bout de son bras un crochet qui devait lui faire office de main. Ses vêtements étaient aussi des plus surprenants. Il avait sur lui un long manteau sombre dont le col remontait jusque le haut de son menton. Son visage n'était pas inconnu non plus. Lui aussi il était mal rasé. Il avait également un de ces regards déterminés qu'on ne pouvait pas oublié tant ils étaient rares de nos jours. Le type à la joli montre le salua d'un air naturel et amical avant de s'éclipser avec ses deux amis autour du baby-foot. Ils ne se connaissaient pas, mais c'était comme ça quand on forçait un peu trop sur la bouteille, on se croyait ami avec tout le monde...

Moi, j'avais plutôt l'impression que lorsque je buvais je n'avais aucun ami. Je crois bien que, même sans remplir ma gorge de tendre liqueur, je n'en ai pas du tout. Je vivais seul, dans un grand manoir à la lisière des bois. Je recevais peu de visite et ça m'était bien égal. Je n'étais pas fait pour la compagnie de toute façon. Qu'est-ce que je faisais dans ce trou à rats alors ? Eh bien... Je tuais le temps, bien entendu ! Mon temps n'était pas encore mort, mais je comptais bien réussir un jour. Mon quotidien était plutôt mouvementé et se résumait à boire du thé, boire de l'alcool et fumer, de tout. Assassiner mon temps, c'était un beau passe-temps ! Mon autre occupation, quand j'étais en état de réfléchir convenablement, c'était de me rappeler le bon vieux temps, ma petite Grace, et de me souvenir à quel point je détestais cette traîtresse de Regina et cette dictatrice de Cora. Je goûtais alors au goût amer de la vengeance que j'espérais avoir un jour. Puis, pour noyer mon chagrin et le fiel dans mon cœur, et parce que je ne savais pas résister à l'appel du vice, je fumais à nouveau et j'oubliais.

J'observais beaucoup aussi. Le type à la montre dorée et ses deux potes. La serveuse au décolleté bien trop ouvert pour être tout à fait honnête. Le barman. Les gens. Et ce mystérieux visiteur qui se trouvait non loin de moins, assis au comptoir. Je le regarde en ce moment-même. Il m'intrigue. Il me rappelle quelqu'un, il y a longtemps. L'homme au crochet avale son rhum sans rien dire en laissant aller son regard sur la clientèle du bar. Il n'est pas assis si loin de moi. Je suis tout au bout du comptoir et seulement deux tabourets vides nous séparent. En fait, je crois que je sais qui c'est. C'est... un pirate sans main gauche.. que j'ai connu il y a... de cela fort longtemps. Oh non ! Revoilà les souvenirs ! Je regarde mon verre de whisky, il est déjà vide. Je suis en forme ce soir. Dommage ! Me concentrer sur mon verre m'aurait empêché de me souvenir. Tiens ! Je me souviens son nom ! Il s'appelle... Jones. Killian Jones, mais tout le monde le surnomme Captain Hook. Je pourrais peut-être commander quelque chose d'autre pour ne pas me rappeler, mais j'attirerais son attention si je faisais ça. Je n'ai pas très envie de lui parler. Je n'ai pas très envie qu'il me voit comme ça d'ailleurs. Les yeux un peu rougis par la fatigue parce que je dors peu. Très peu. Les yeux tristes aussi. J'ai beau faire, ils ne veulent pas s'égayer ! Non, je ne veux pas qu'on discute. La dernière fois, j'ai refusé de l'aider à quitter cette satanée île. J'avais mes raisons ! Chacun pour sa peau comme on dit... En revanche, je n'ai pas pour autant envie qu'il me fasse la peau pour cette vieille rengaine. C'est qu'il est rancunier dans mes souvenirs... et tellement... impressionnant ! Il ne faut pas qu'il me voit ici !

Ma main tremble un peu. Ce n'est pas de la peur. C'est une forme de manque. Ma mémoire est trop douloureuse. Je me suis trop arrêté d'oublier ce soir. Je pose aussitôt ma main gauche sur la droite pour qu'elle arrête. C'est à présent tout mon bras qui a la bougeotte. Je serre les dents, je souffle. Ça semble s'arrêter. Et c'est ma jambe qui prend d'un coup le relais. Elle bute contre le comptoir. Je plonge mon regard dans mon verre alors que je sens peser le regard du capitaine. J'espère encore qu'il ne m'a pas remarqué. Je ne tremble plus. C'était une petite crise, juste pour embêter, pour briser la monotonie. Killian Jones, ça devait bien faire quelques années déjà...

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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Dim 4 Jan - 10:54




Il est temps




Personne n'entre. Personne ne semble vouloir me parler, dans cette satanée ville ! Heureusement que j'ai Swan, ou je finirais fou. Elle est bien la seule qui ose m'adresser la parole. Je ne sais pas exactement ce qu'ont les autres, ils me voient sans doute comme le méchant de service, en oubliant facilement que c'est Crocodile et Regina, les méchants. Je n'ai jamais été très doué pour me faire des amis mais à l'époque où j'avais encore une équipage, je n'avais pas besoin d'amis. Et puis, un Pirate qui passe son temps à changer de monde ne peut avoir d'amis autre que ses hommes.

Que quelqu'un pousse cette porte et se dirige vers moi, par mon navire ! Ah, un homme me passe devant et me salue. Il s'agit d'un début, mais il disparaît aussi rapidement qu'il est arrivé. Eh bien, c'est déjà ça. Quelqu'un m'a adressé la parole. Je quitte la porte des yeux en soupirant pour boire une nouvelle gorgée. Je sens que l'on m'observe. J'ai cette même impression que lorsque j'était sur Neverland. C'est désagréable, sincèrement. J'essaie de passer outre, mais c'est bien plus compliqué à faire qu'à dire. C'est le crochet. C'est mon crochet qui repousse les gens.

Un coup. Quelqu'un vient de faire bouger le comptoir. Mon réflexe est de regarder la serveuse qui ne semble même pas s'en être rendu compte. Je lève un sourcil et continue mon tour. Mes yeux se posent sur cet homme qui tremble et ah non, il ne tremble plus. Au moins, j'ai trouvé mon coupable. En parlant de coupable, il a l'air bien soucieux pour un homme si jeune, n'osant pas lever les yeux. Ses traits me rappellent quelqu'un. Quelqu'un que j'ai connu sur l'Île maudite. Quelqu'un de jovial, joyeux. Quelqu'un d'heureux. L'homme qui se trouve face à moi n'a rien de tout ceci. Et pourtant. Plus je le regarde, plus il me fait penser au Chapelier, un Chapelier qui aurait perdu sa joie de vivre.

J'ai souvent imaginé le jour où je le recroiserais. A de tellement nombreuses reprises que j'ai arrêté de les compter il y a au moins deux cents ans. Cet homme avait la possibilité de nous aider à partir, mais n'en a jamais rien fait. Par sa faute, j'ai vendu Baelfire à Pan et j'ai abandonné Wendy. Alors je pensais vraiment ne pas ressentir cette espèce de compassion, presque de la pitié, lorsque je le verrais à nouveau. Et pourtant. Ses yeux rouges, sa peau pâle, son verre vide. C'est étrange. J'ai enfin trouvé l'humain à qui parler ce soir. Je me lève de mon tabouret, et vais m'asseoir à côté de lui, seulement deux sièges plus loin. Je termine mon verre et fais signe à la serveuse de nous servir à nouveau. Si j'avais pensé lui offrir un verre.

"Chapelier. Si j'avais imaginé te voir ici."

L'espèce de faux sourire que j'avais plaqué sur mes lèvres pour attirer les gens à me parler a totalement disparu. J'ai retrouvé mon air sérieux, celui que j'ai lorsque je navigue surtout. Cet homme a l'air d'un homme qui a tout perdu. Comme j'ai vu dans les yeux de Swan qu'elle était orpheline lors de notre première rencontre, j'ai l'impression de lire dans son regard quelque chose de fort. J'ai l'impression de me voir, moi. De me voir lorsque j'ai perdu Milah, lorsque j'ai perdu Baelfire, lorsque j'ai perdu Wendy. La serveuse nous sert nos verres.

Je me pensais plus rancunier, surtout envers lui. Mais non. Je ... J'ai envie de l'aider. De savoir ce qui l'a mené là, et qui, et de l'aider. Je prends verre et le lui mets dans les mains avant de prendre le mien.

"A ceux que l'on a perdus. Et à ceux qui restent pour les venger."

Oh bien sûr, en six cents ans j'ai appris à être subtile. J'ai appris le tect avec Wendy et Baelfire. Avec les enfants, on n'a pas le choix. J'aurais pu lui demander qui il a perdu, mais ça ne marche pas comme cela. Mais après tout, il connaît mon histoire avec Milah, ce ne serait que justice de m'expliquer à son tour son histoire et ce qui l'a rendu aussi inconsistant.
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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Dim 4 Jan - 15:44


Il est temps ?

Mais le temps il faut le tuer !

“I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because...”
Jefferson & Killian

Je crois bien que j'avais réussi à ne pas me faire remarquer. Enfin.. je crois. La serveuse n'avait même pas levé un regard vers moi. Le barman avait juste fait un geste agacé dans ma direction, mais était aussitôt retourné à ses occupations. Ce n'était que moi. Le poltron habituel qui donnait parfois un coup de poing contre une table ou une chaise. Ce n'était pas ma faute. On me pardonnait cette bizarrerie en m'ignorant. Ça me convient parfaitement. Je ne veux pas qu'on fasse attention à moi. Je ne suis pas comme eux. Ils ont leurs souvenirs de Storybrooke. Moi je suis arrivé après ce Maléfice. Je n'ai pas eu le droit d'oublier mes erreurs, mes regrets, ma colère.

Je crois bien que le capitaine ne m'a pas vu. Il a peut-être suffisamment bu pour ne pas faire attention au monde qui l'entoure. Il m'a peut-être regardé, comme tout le monde, mais il a du, lui aussi, passer à autre chose. J'ai beaucoup changé depuis ma petite escapade à Neverland. J'ai notamment.. perdu ma tête. Ma fille aussi. Je ne quitte pas des yeux le glaçon à moitié fondu au fond de mon verre. Je pense qu'il me regarde encore. Dans quelques secondes, il m'aura oublié, pour retourner à son rhum. J'entends le bruit de son tabouret. Il s'est levé. Il va sans doute sortir. C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup d'ambiance ce soir... Je ne bouge pas. J'attends. Il va sortir.

« Chapelier. Si j'avais imaginé te voir ici. »

C'est sa voix, il m'a vu. Pire, il m'a reconnu. Moi je me souviens bien de sa voix. Grave. Un peu comme la mienne. La sienne me semble faussement bienveillante. Elle n'a pas changé. Qu'est-ce qu'il peut bien faire ici ? Aux dernières nouvelles, il était toujours prisonnier sur l'île de ce cher Peter Pan.. Je ne l'ai pas aidé à l'époque. Il doit être furieux... Je ne veux pas le regarder, mais je sais que je dois le faire. Pas maintenant... Je l'entends qui dit quelque chose à la serveuse. Il commande quelque chose. Il veut boire. Pourquoi pas... Je relève alors la tête lentement pour lui montrer mon plus beau sourire. Je sais toujours mentir quand il le faut. Faire comme si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Faire comme si j'étais ravi de retrouver cette vieille connaissance. C'était pourtant une rencontre dont je me serai bien passé. Il prend un verre de rhum et pousse la générosité jusqu'à le mettre dans ma main. Je me rappelle sa poigne lorsque nous nous saluions sur son navire avant de trinquer. C'était presque de bons souvenirs. La mère de Grace était encore de ce monde et s'en occupait. Je crois.. À moins que ça ne soit avant. Vingt-et-un ans... Nous l'avons eu tellement jeune que je ne sais plus très bien quel âge j'avais quand je rencontrais Hook pour la première fois. C'est sans importance, je crois.

« À ceux que l'on a perdus. Et à ceux qui restent pour les venger. »

Je ne comprends pas pourquoi il s'amuse à jouer les personnes sympathiques alors je lui souris encore. Je me défais difficilement de ce masque d'hypocrisie. Il a fait l'effort d'avoir l'air sympathique, je peux bien faire ça aussi. Je lève alors mon verre à mon tour et je laisse nos verres tinter l'un contre l'autre. Ce toast me convient. J'ai perdu ma petite Grace et ma vie tranquille. J'aimerais me venger pour ça. Je ne sais pas vraiment de quoi il veut parler, lui. Peut-être qu'il parle de moi. De là façon dont je l'ai laissé tombé à Neverland. De la rancœur qu'il nourrit à mon égard. Je dois rester souriant. Il m'impressionne mais je ne dois pas montrer que j'en ai peur. Je suis un homme maintenant ! Pas comme la dernière fois. Je bois pour me donner du courage. Le rhum est bon et réchauffe mon gosier. Ce n'est pas désagréable.

« C'est un plaisir de te croiser par ici, Hook, dis-je avant de poursuivre en plaisantant, On fait du tourisme ? »

Je ne sais pas si je mens vraiment. S'il veut se venger, c'est plutôt une plaie de croiser sa route. Mais bizarrement sa présence est presque rassurante... C'est plus simple de dire que je mens. Ce n'est pas naturel cette complicité qu'on pouvait avoir avant. Je l'ai trahi. Je ne me souviens même plus comment je l'appelais. Hook comme tout le monde ? À moins que ce ne soit Killian ou même Capitaine pour le taquiner. Je n'ai pas envie de rire. Je ris en buvant à nouveau. Je ne m'attendais vraiment pas à le croiser de ci-tôt.

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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Dim 4 Jan - 22:29




Il est temps




Eh bien, je m'étais attendu à des paroles. Tout au moins un regard. Mais il ne m'honore même pas de cela. Je suis celui qui devrait être en colère, c'est moi qui aurais du éviter son regard ou préférer lui planter mon crochet dans la gorge. Mais non, bien sûr, Jefferson a toujours eu cet espèce de décalage avec le commun des mortels. J'ai l'impression que c'est lui qui m'en veut et étrangement, cela me donne presque envie de rire. Mais je ne ris pas, non, cette situation est tout sauf drôle d'ailleurs.

Ah, voilà enfin son visage. Et un sourire que je qualifierais de très forcé. De trop forcé, même, lorsqu'on connaît notre histoire commune. Pourquoi essayer de jouer avec moi ? J'ai connu cet homme dans sa jeunesse, les traits frais, fins, les yeux pétillants et l'envie de vivre et de voyager. Et je le retrouve tremblant accoudé au zinc, un verre aussi vide que ses yeux à la main. Je lève mon nouveau verre et il fait de même, gardant cette espèce de sourire plaqué sur les lèvres. J'avoue que je suis perdu. Je sais pour quelle raison je suis censé lui en vouloir jusque là tout va bien. Mais s'il m'en veut réellement, j'aimerais bien en connaître la raison.

Je l'avoue, je suis sans doute une personne facilement détestable. J'ai fait des choses que l'on peut qualifier d'horribles, même si tout le monde semble oublier tout ce que j'ai tenté de faire d'honorable dans ma vie. Je comprends assez aisément que le Crocodile m'en veuille, bien que je ne soie pas seul responsable mais passons. Je conçois également que Baelfire m'en veuille, même si encore une fois c'est la même histoire, nous étions deux et j'ai même envie de dire que c'est encore plus de la faute de son père que la nôtre. Je sais pourquoi Wendy a le droit de m'en vouloir, même si nous avons tout fait pour la retrouver, Pan l'aura sans doute cachée exprès.

Mais j'avoue que Jefferson. Je ne sais pas. Nos verres tintent et ce toast semble le contenter. J'ai vu juste, bien sûr. Ce regard n'est pas celui de tout le monde ou de n'importe qui. J'aimerais que les masques tombent. Je ne peux pas en vouloir à un homme qui a tellement perdu dans sa vie qu'il a perdu sa jovialité, et s'il est ici, c'est qu'il a également perdu son envie de voyages. Je bois une gorgée. Je ne sais pas comment réagir, étant donné que nous n'avons échangé aucune parole jusqu'à présent, et encore une fois, cela me mettrait presque mal à l'aise.

Ah, enfin il daigne me parler. Comme quoi, le Rhum rapproche les gens. Et encore plus les gens qui se sont perdus de vue, c'est une réflexion que je me suis faite il y a fort longtemps. Un plaisir ... Eh bien, j'aurais pu le deviner à la joie qui transparaît sur son visage. Ironie. Je n'ai nullement l'impression qu'il s'agisse d'un plaisir que de me voir, mais je vais le croire. Sans doute cet homme ne sait plus comment exprimer sa joie. Je le comprends, bien sûr.

"Du tourisme ... Et moi qui croyais que tu avais perdu ta joie de vivre Jefferson."

Chapelier fais-moi plaisir et arrête donc de te cacher derrière ce faux-sourire que j'arborais moi-même avant de venir t'aborder. Si nous laissions de côté les faux-semblants et que nous nous parlions comme avant, hein ? Une nouvelle gorgée de Rhum. Celui-ci est meilleur que celui que je garde en tonneau sur mon navire. Mais celui-ci est payant, alors que les tonneaux, je les ai, comment dire, confisqués.

"Je pourrais te retourner la question. Depuis combien de temps es-tu dans cette ville ?"

Peut-être a-t-il encore la capacité de voyager entre les mondes ? Peut-être pourra-t-il et même voudra-t-il se rattraper de son erreur d'autrefois en m'aidant à aller chercher Wendy à Neverland ? Même si je sais bien qu'il a décidé, il y a de cela des centaines d'années maintenant, de ne plus jamais y mettre les pieds. Des centaines d'années. Comment n'a-t-il pas vieilli ? Une question à la fois Pirate. Ces retrouvailles ont un goût d'autrefois qui ne me déplaît guère.
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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Mer 7 Jan - 23:05


Il est temps ?

Mais le temps il faut le tuer !

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Le pirate réagit aussitôt à mes salutations supposées hypocrites. Il a l'air surpris de ma façon de lui parler. C'est dommage... Moi qui pensais que, malgré la peine et la colère, j'avais su rester moi-même ! Qu'est-ce que c'est qu'être soi-même d'abord ? Je ne le sais pas très bien. Je peux me lever le matin et me coucher différemment le soir. Je rencontre des gens. Parfois j'ai peur. Parfois – souvent – je ne dors pas. Je pars en vrille. C'est le trip. Je ris, tout seul. Je rêve éveillé. Arf ! Rien qu'en y repensant j'en ai des tremblements. Je renifle et je regarde ma main. Elle ne bouge pas. Si.. un peu. Mes phalanges se détachent un peu du verre que je serre plus fort pour ne pas les laisser tressaillir. Je regarde Hook en essayant d'avoir l'air serein. Il boit une nouvelle gorgée de rhum. Je le suis ; comme au bon vieux temps !

« Je pourrais te retourner la question. Depuis combien de temps es-tu dans cette ville ? »

Mon sourire s'estompe aussitôt. Qu'est-ce que je peux bien répondre à ça ? Il me fixe de ce même regard, inquisiteur, qu'il avait lorsqu'il voulait me faire admettre quelque chose. C'était quand on trinquait sur son bateau à Neverland. Même si ce n'était pas toujours le pied, on savait y tuer le temps. J'avais la vingtaine – je m'en souviens – cette vie-là, c'était amusant. Toujours est-il que le regard de Killian Jones m'invite à arrêter de feindre un enjouement faussé par mon sourire niais. Je le sais bien. Et j'ai obtempéré. Mais qu'est-ce que je peux lui dire ? Depuis combien de temps je suis là ? Je ne sais pas. Le temps s'est écoulé différemment par ici. Je suis arrivé un peu après la Malédiction et sans magie, je n'ai pas pu repartir. Je ne voulais pas de toute façon. Pas sans être sûr que Grace allait bien. Ça sentait la question-piège à plein nez... Bon ! Tant pis ! Je porte le verre à mes lèvres, je bois au moins deux gorgées d'affilée pour me donner de l'entrain et je me lance.

« Je suis arrivé un peu après le Sort, et toi ? »

Notre conversation a presque l'air d'une discussion entre amis, ce que nous ne sommes pas officiellement. Je n'en ai pas. Je n'en ai pas besoin. Je soupire avant de goûter à nouveau au rhum. J'ai l'impression que le sol bouge, que le monde tangue comme si nous étions sur le pont du Jolly Roger. Que de souvenirs ! J'aimerais ne pas quitter des yeux le capitaine pour le défier, surveiller ses réactions, mais je n'ai pas encore ce cran que j'avais, je l'ai perdu. Je le regarde mais mon attention est fuyante. La lumière des néons me fatigue. C'est tellement étrange de retrouver un vieil ami...

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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Sam 10 Jan - 15:16




Il est temps




Ma question semble le déstabiliser. Bien entendu qu'elle le déstabilise, que pensais-je ? Jefferson est une personne que j'apprécie bien qu'il ait refusé, il y'a maintenant quelques années, de m'offrir son aide. Remarquez, j'aurais peut-être pu l'obliger. Mais jamais je n'y ai pensé. J'ai de l'estime pour cet homme, et j'ai eu 200 ans pour me rendre compte qu'il avait peut-être une raison, obscure et sans doute insuffisante, pour me laisser dériver autour de Neverland.

Enfin, quoiqu'il en soit, son sourire qui me faisait vomir disparaît pour mon plus grand plaisir. Parler à coeur ouvert, n'est-ce pas une meilleure idée que se cacher derrière un masque, une façade ? Bien sûr que ça l'est. Non pas que j'apprécie qu'il soit malheureux, loin s'en faut, et non pas que je sois malheureux non plus, mais je préfère que nous ne fassions pas semblant. Pas entre nous. On s'est trop côtoyé, trop connu, pour oser faire cela. Je sais qu'il est capable de me comprendre sans paroles. Il a trop vu mes regards, trop vu mes sourires, pour ne pas savoir les interpréter. Il doit être l'une des personnes à me connaître le mieux dans tous les Royaumes et tous les Mondes.

Un peu après le sort ... Par mon navire ! Cela signifie qu'il est resté plus de vingt ans dans ce monde où il ne connaissait personne ni rien, et où tout le monde avait oublié qui il était sauf lui qui se souvenait de sa vie passée. Cela a du être un supplice pour lui. Je comprends mieux maintenant qu'il ait perdu sa joie de vivre. Même si pour moi ce n'est pas la seule raison.

"Je suis arrivé il y a peu. Tu as peut-être entendu parler du fieffé bougre qui s'est allié à Cora puis à Regina. Tu l'as devant les yeux."

Si cela peut lui donner une idée du moment où j'ai jeté l'ancre dans cette satanée ville. Et pour la seizième fois de la journée, au moins, je repense à mon équipage. Cette pensée me fait vider le contenu de mon verre d'une traite. Ce Rhum est extrêmement bon, la chaleur me monte aux joues, doucement, et les larmes aux yeux. Vas-tu te reprendre Capitaine ? Tes hommes ne seraient pas heureux de voir leur Capitaine dans cet état, telle une femme à pleurer. Ou tel un lâche ! C'est ainsi qu'était parti le Crocodile la première fois, et cela t'avait bien fait rire Pirate. Alors reprends-toi avant que tes hommes ne rient de toi.

Changer de conversation, changer de train de pensée. Eviter de penser à eux. Ou en parler ? Se décharger ? Pas si tôt. Je viens à peine de retrouver cet homme que je n'ai vu depuis des centaines d'années, je ne vais pas l'ennuyer avec mes histoires de perte. D'autant que j'aimerais savoir ce qui le hante, de son côté, pour avoir été si enthousiaste lors de notre toast. Justice ne serait que rendue, pour connaître le fantôme de ma vie. Mais bien sûr, je ne peux le forcer à parler. A moins que. Non, bien sûr. Et si nous parlions de choses moins sensibles et plus joyeuses.

"Eh Chapelier, depuis tout ce temps, tu as du te trouver une belle femme et lui faire une ribambelle de gosses, non ?"

Après tout, il n'est pas désagréable comme homme. Et puis, une femme a sans doute eu l'impolitesse de capturer son coeur et le forcer à rester à terre. Et c'est peut-être cela qui l'a rendu ainsi. Il n'était qu'un enfant la dernière fois qu'il m'a quitté. Un simple gamin, qui papillonnait entre les Mondes, sans savoir lequel choisir et sans réussir à s'ancrer. Une femme est bien la seule chose qui réussisse à calmer un homme.
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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Sam 10 Jan - 16:35


Il est temps ?

Mais le temps il faut le tuer !

“I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because...”
Jefferson & Killian

Je ne tremble plus. Je ne suis pas calme pour autant. Je reste le visage figé face à cet homme. Hook ne semble pas m'en vouloir. Il semble même simplement rechercher quelqu'un avec qui boire et je dois sans doute ressembler le plus à une connaissance pour lui. Un ami. C'est un peu pareil de mon côté, mais ça ne m'a jamais dérangé. Je n'ai jamais voulu montrer que ça me dérangeait. Je restais donc, les fesses bien ancrées sur mon tabouret et je ne le quittais pas des yeux. La vue de son visage avait l'odeur du bon vieux temps. Le rhum participait à la résurrection de ces souvenirs sur le pont du Jolly Roger. Trop de souvenir. Je me souviens...

J'allais rendre visite à cette bande de pirates quand traiter avec l'infâme Peter Pan ne m'amusait plus. Je n'avais pas encore poser mes valises quelque part. Je voyageais de mondes en mondes, libre comme l'air, et je rendais service aux gens que je rencontrais contre quelques compensations financières, le gîte ou le couvert. C'était de cette façon que j'étais arrivé à travailler de temps à autres pour Pan. Et que j'avais fait la connaissance de Killian Jones.

Jones était le capitaine d'un fier vaisseau pirate qui en avait bravé des mers et des océans déchaînés. Je n'ai jamais compris ce qu'un homme comme lui était venu faire à Neverland d'où il ne pouvait plus repartir. Je ne me souviens plus très bien de notre première rencontre, mais je crois que mes sens m'avaient naturellement guidé jusque le lieu où son bateau avait jeté l'ancre. Il y avait de la lumière, des chants.. et ça sentait bon le rhum ! Ma jeunesse avait voulu se convier à la fête. Lorsqu'on avait remarqué mon intrusion à bord, j'avais été arrêté, bien entendu, mais, lorsqu'il fut avéré que je ne représentais pas une menace, Killian m'avait invité à la fin de cette fête. Et à toutes les autres. Et j'y venais parfois, avec joie. Je venais surtout lui rendre visite, le soir, où il me racontait ses voyages que j'écoutais avec beaucoup de passion et d'attention. Cet homme qui semblait en avoir vu des choses et qui dissertait bien sur les choses du monde, je crois que j'avais fini par le prendre en affection. Je crois même que si j'avais pu choisir mon père, j'aurais aimé que ce soit un homme comme lui et non un connard qui m'avait laissé tomber. Mais ça, c'était avant...

Une nuit, j'en étais arrivé à lui avouer que je voyageais, moi aussi, de mondes en mondes. Je lui avais aussi révélé que je rendais pas mal de services à Pan. Je lui faisais confiance à cette époque. Peut-être même plus qu'à Peter avec qui j'avais quand même de bonnes relations. Je ne pouvais pas passer mon temps à contourner les questions qu'il me posait de toute façon. Je lui avais tout dit. Il ne s'en était pas offusqué. Il m'avait même concédé qu'il se doutait que j'avais cette faculté de pouvoir passer d'un endroit à un autre. Cela finit malheureusement par changer peu à peu notre relation. Il me demandait de l'aide pour quitter cette île de malheur en se faisant de plus en plus pressant et je refusais toujours. Un soir, nous nous disputâmes vraiment. Il avait trop insisté. Il voulait sauver une petite fille. J'avais voulu l'en dissuader, estimant que c'était trop risqué. Il avait durci le ton. L'équipage était devenu menaçant. Je n'étais plus revenu sur le Jolly Roger ; je quittais Neverland la nuit-même, abandonnant mes proches comme mon déplorable père avant moi... Assez ! Trêve de souvenirs !

« Je suis arrivé il y a peu. Tu as peut-être entendu parler du fieffé bougre qui s'est allié à Cora puis à Regina. Tu l'as devant les yeux. »

Je venais à peine de me détendre et de boire une nouvelle gorgée de ce rhum délicieux et cette révélation me fait l'effet d'une bombe. Hook, un allié de mes ennemies ? Ma main serre plus fort le verre qu'elle tient avant de le reposer sans réelle délicatesse. Alors que j'avais jusqu'ici peur de croiser son regard, je me surprends à le fixer avec méfiance. C'est donc bien un ennemi en fin de comptes... Je ne réponds rien, je me contente d'observer son visage, comme autrefois.

Quelque chose ne va pas. Il n'a pas cette expression menaçante qu'il a lorsqu'il veut contraindre quelqu'un ou passer à l'attaque. Il a sur son visage cet air nostalgique qu'il avait parfois lorsqu'il me parlait d'une femme qu'il avait particulièrement aimée. Si je ne le connaissais pas aussi bien – dans mes souvenirs – j'aurais presque dit qu'il allait pleurer. Je desserrais les poings. Je le préférais en ami ce soir, qu'importe ses propres amis. Il n'a visiblement pas l'intention de s'en prendre à moi de toute façon. Il ne sait peut-être même pas que je déteste ces deux femmes. Il change déjà de sujet et je le suis dans cette conversation improvisée où nos langues sont malheureusement moins déliées qu'autrefois.

« Eh Chapelier, m'interpelle-t-il alors, depuis tout ce temps, Tu as du te trouver une belle femme et lui faire une ribambelle de gosses, non ? »

J'écarquille les yeux. Ce surnom... Il me l'avait donné en voyant mon chapeau... Mais ce n'est pas ça le vrai problème, c'est sa question... Elle se voulait légère, promesse d'une conversation normale entre de bons vieux amis se racontant leur vie.. Mais ça n'avait rien de normal ou de facile. Repenser à la mère de Grace... Ça ne m'était pas arrivé depuis quelques temps déjà. Je pense toujours à ma petite, à la façon dont je l'ai délaissée... Ça fait mal. Je fronce les sourcils, ma mine se rembrunit aussitôt. Non, ne me lance pas sur ce sujet, Hook. Je soupire, les yeux rivés sur la table avant de mentir comme j'ai du sans arrêt le faire ici pour survivre.

« Je n'ai ni femme ni enfant, dis-je alors un peu sèchement pour couper cours à cette conversation et me lancer sur un autre sujet, Que fais-tu ici, Killian ? »

Ironie du sort. Dans mon mensonge, je me fais plus sincère dans le fond. Je l'ai rappelé Killian comme ça m'était arrivé parfois sur le Jolly Roger, quand je l'admirais. Maintenant j'ai honte de l'admirer. J'ai honte de lui imposer mon admiration. Je ne suis plus un gosse. Les conneries, je les ai trop accumulées. Je ne suis plus le gosse qu'il a connu.

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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Dim 11 Jan - 18:55




Il est temps




Mon invité pour la soirée plonge dans ses pensées et je me surprends à faire de même de mon côté, me rappelant les soirées passées autour d'un tonneau de Rhum, à naviguer sur la mer entourant Neverland. A se raconter notre passé, notre possible avenir, bien qu'à l'époque je pensais que mon avenir se résumerait à rôder comme un fantôme autour de l'Île maudite. Je ne savais pas grand chose de lui, si ce n'était que sa joie de vivre nous coupait de notre morosité habituelle, rompue seulement par les quelques visites de Wendy, autrement.

De toute évidence, mon hypothèse comme quoi pour une raison quelconque et obscure, Jefferson m'en voudrait ne tient pas la route. Enfin, ce n'est pas comme cela que l'on parle à quelqu'un qu'on voudrait éviter, voire tuer. Non, bien sûr que non. Il a toujours su apporter un je ne sais quoi à bord du Jolly, lorsqu'il y posait les pieds. Il était tout aussi poivrot que nous, et buvait tout autant que moi, et pour autant Jeff ne perdait jamais son sang-froid. Je me souviens comme si c'était hier de notre dernière discussion. Je m'en suis voulu. Et je lui en ai voulu, aussi. Vous trouverez peut-être que j'ai tendance à voir cela partout, mais pour moi il aurait pu être un très bon Pirate. Et bien sûr, cette faculté à traverser les Mondes était plus qu'une aubaine. Mais il est parti, il a crié et est parti. Comme Baelfire le fera plus tard. En fait, je devrais peut-être me remettre un peu en cause parfois. J'ai beau essayer, impossible d'être un homme correct. Milah aura sans doute emporté cette part de moi avec elle.

Je lui en ai voulu de me laisser là. De m'obliger à supporter Pan et ses farces d'enfant gâté. De m'oublier sur cette Île d'où il était évident que je n'aurais que de minces chances de m'échapper. J'ai pensé que peut-être il reviendrait, se rendrait compte que ma requête n'était peut-être pas tant exagérée et nous aiderait à partir. Mais pendant plus de deux cents ans, je donnai des consignes à mon équipage pour le cas où ce scénario viendrait à se dérouler. Jamais je ne revis son visage jovial et sa tête couverte. Pendant plusieurs années, je lui en voulut. Puis ma vengeance reprit le dessus, bien que ma rancœur existe toujours contre le Chapelier. Mais, comme Baelfire plus tard, et comme Wendy, il était un peu comme l'enfant que je n'avais jamais eu, sauf que bien sûr, je pouvais bien plus parler avec Jeff, avec le presque adulte qu'il était du haut de ses vingt ans. Et malgré ma rancœur, il m'a manqué.

Ma déclaration le perturbe. Je suis perturbant, ou il est perturbé, en attendant la méfiance dans son regard ne présage rien de très bon. Et c'est évident. Rares sont les personnes qui apprécient l'une ou l'autre des Reines. Nombreuses sont celles qui voudraient les voir mortes, et à raison pour la plupart. Je hausse les épaules devant son air méfiant. Qu'il n'aie crainte, peu m'importent leurs idéaux, et j'avoue que je serais plutôt du côté du peuple à vouloir les déchiqueter à l'aide de mon crochet, tout ce qui m'importait était de pouvoir venir ici pour me venger du Crocodile. Ces femmes sont le Mal incarné, et malgré les histoires qui circulent sur moi, je ne suis pas le sans-cœur dépeint dans les rumeurs, et Jefferson est plutôt bien placé pour le savoir, lui qui a été comme un confident pendant des années. Je n'ai même pas mal pris le fait qu'il rende des services à Pan, bien sûr, nous rendions tous des services à Pan pour ne pas être tourmenté ou pire, tués. Cet enfant est sans limite.

Mais pas le temps de appesantir, j'ai déjà changé de conversation pour ne pas trop penser à mon équipage et au fait que je songe à les remplacer pour aller les chercher eux et cette enfant au regard perdu que j'ai un jour pris sous mon aile. Pas de femme, pas d'enfant. Eh bien comme cela, c'est expédié. J'avoue ne pas trop croire à ces déclarations, ou tout au moins pas entièrement. Peut-être une femme aimée qui l'ignore ? Après tout, cela arrive. Pas à moi, bien entendu, mais j'ai vu des hommes à qui cela arrivait. A nouveau, je hausse les épaules. Sa question me laisse un instant sans voix. Killian. Peu de gens m'appellent ainsi. Liam, Milah m'appelaient par mon prénom. Baelfire, Wendy, Jefferson, et aujourd'hui Emma. Les gens qui ont un minimum d'estime pour moi, si l'on y regarde bien. Seuls ces gens-là m'ont un jour appelé Killian et l'entendre à nouveau dans la bouche du Chapelier fait rater un battement à mon coeur. Comme une vierge effarouchée, oui.

"Je suis venu assouvir ma vengeance, Jeff."

Il m'appelait Killian lorsque je lui racontais mes nombreux voyages et pillages. Quand il me regardait avec des yeux pleins d'étoiles, en buvant distraitement son godet de Rhum.

"J'ai eu vent que l'homme qui a tué la femme que j'aimais se trouve ici. Crocodile."

Je déglutis. Prononcer son nom sans le faire suivre ou précéder de "Meurs !" est un supplice pour moi. Jefferson ne se souviens sans doute pas de cette histoire, une parmi tant d'autres, peut-être pas même la plus marquante pour le jeune esprit qu'il était autrefois. La romance n'est pas quelque chose dont les jeunes sont friands lorsqu'ils entendent parler de Piraterie. D'ailleurs, je n'ai encore jamais entendu parler de romance sur un navire, autre que sur le Jolly. Nous étions connus, nous étions crains, et le Crocodile a gâché ma vie et celle de Milah, celle du Jolly, notre réputation. Tout ce que nous avions bâti s'est effondré en quelques secondes. Et j'ai réussi à perdre son fils au moment où je pensais pouvoir le prendre avec moi. J'ai tout perdu d'elle, et toujours par ma faute bien sûr. Parce que j'étais trop faible face à son époux, trop faible face à son fils. Je soupire en commandant deux autres verres.
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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Jeu 15 Jan - 23:52


Il est temps ?

Mais le temps il faut le tuer !

“I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because...”
Jefferson & Killian

En empruntant le chemin du mensonge, j'avais rapidement expédié Grace et sa mère de mes propos. Je n'aurai peut-être pas du. En voulant ne pas en parler, je n'y pensais que plus fort. La petite restait le centre de mes préoccupations. Je voyais encore le visage de mes deux petites femmes. Grace ressemblait à sa mère. Elle avait les mêmes yeux, les mêmes cheveux, ce même air innocent et cette même gentillesse naturelle. Je ne lui avais jamais dit d'ailleurs. Peut-être aurais-je du lui parler plus souvent de sa mère. Peut-être n'aurais-je pas du la priver des radotages de son bon vieux père. Maintenant, c'était un peu tard pour regretter...

Je baisse les yeux. Ma main tremble à nouveau. Les bons souvenirs ravivent les douleurs récentes. Les peines profondes... Je me focalise alors sur les propos de Killian. Arf ! Si même dans mes pensées je l'appelle comme ça... ! Je serre un peu les dents. Le ton du pirate est sombre comme il l'était parfois lorsqu'il parlait de l'homme qui lui avait arraché Milah. Je compatis en silence à sa douleur. Quand il me racontait cette sombre histoire, j'étais encore trop jeune pour comprendre ce qu'il avait enduré. Je crois que j'imaginais sa peine en l'assimilant à la souffrance de ne pas avoir connu mon père, mais, après réflexion, j'étais bien loin du compte. J'avais perdu ma fiancée, moi aussi, depuis le temps. J'avais même laissé tomber mon enfant. Je range ma main droite dans la poche de ma veste. Elle y remuera à l'abri des regards comme ça. Je sursaute soudain. Ne m'a-t-il pas appelé Jeff ? Ça fait bizarre. Personne ne m'appelle comme ça ici.

Un silence pesant finit par s'imposer. Je n'ai rien dit, concentré sur l'intérieur de ma poche. Il y reste un paquet de chewing-gum et je crois que j'ai aussi mes deux derniers tickets de caisse. Qu'est-ce que j'avais acheté déjà ? Des fruits, des paquets de pâtes et de la tequila pour mes soirées en solitaire je crois. Killian commande une nouvelle tournée. Je ne le savais pas si fortuné, ni aussi généreux. Je le gratifie d'un bref sourire pour cette charmante attention. Il faut que je lui dise quelque chose à mon tour, sinon la soirée sera des plus ennuyeuse. Parlons de quelque chose. Du Crocodile tiens ! Je le connais après tout !

« Il paraît que tu as tiré sur la copine de Rumpelstinskin, Killian, dis-je en le regardant sans manifester la moindre approbation ou condamnation, Je comprends ce que tu ressens, mais... »

J'hésite à nouveau en baissant les yeux sur le crochet de ce vieil ami. Hook pouvait être terriblement rancunier parfois. Moi aussi d'une certaine façon. Je serre les poings alors que nos boissons arrivent et prends mon courage à deux mains pour poursuivre.

« Fais attention à toi.. »

Je me suis dégonflé. Moi qui voulais lui faire la morale, je me contente de m'inquiéter pour lui. Je me suis vraiment ramolli, pardi ! Et comme je pouvais comprendre son désir de se venger ! Je l'ai moi aussi, après tout, contre Regina... Je suis vraiment mal placé pour donner des leçons. Je soupire en osant le regarder à nouveau, décidé à changer de sujet. Je suis un lâche après tout.

« Tu vis sur ton bateau, c'est ça ? »

Comme au bon vieux temps, hein...

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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Mer 21 Jan - 9:51




Il est temps




Je le vois baisser les yeux et instinctivement, mon regard suit le sien. Son tremblement n'est pas naturel. En vérité, je dirais même qu'il est tout, sauf naturel. C'est étrange, je me surprends à m'inquiéter. Pourtant, Jefferson a toujours été du genre à s'assumer tout seul. Bien sûr, puisque son père l'a lâchement abandonné, comme le mien a fait, et comme tant d'autres dans ce Royaume et tous les Royaumes ont fait. Les pères sont des lâches, c'est bien connu. Il range sa main et dès que son nom passe la barrière de mes lèvres, il sursaute. Je ne peux m'empêcher de sourire. J'ai toujours aimé faire de l'effet aux gens, qu'importe l'effet et qu'importe la personne.

Nos boissons arrivent enfin, le tintement du verre sur le zinc cassant le bruit affreux du silence qui a imposé sa présence entre nous. Je tapote le bar avec mon crochet, avant de m'arrêter. Une vieille manie qui revient, quelle idée a-t-elle. C'est ce silence, il me retourne de l'intérieur. Je n'aime pas le silence, je n'ai jamais aimé le silence c'est pourquoi je passe le moins de temps possible sur le Jolly, depuis que je n'ai plus d'équipage. Le silence, c'est le bruit du vide.

Ah oui, Rumplestiltskin c'est le nom de mon Crocodile. Son vrai nom. Celui auquel Milah ne voulait plus être rattaché lorsqu'elle a pris le mien. Je me retiens de rire. Je l'avais prévenu, il savait que je me vengerait. Et cela a commencé. Il comprend ce que je ressens ... Sans femme, sans enfant ? J'apprécie le Chapelier, là n'est pas la question, mais se targuer de comprendre une douleur telle. Non. Que je fasse attention ? Là, je ne peux plus me retenir, je ris doucement.

"Que pourrait-il me faire de pire ? Il a tué ma Milah, mon équipage a disparu. Je suis complètement seul, Jefferson. Qu'il me tue, je l'entraînerait avec moi. Tu sais, tu n'as pas de femme ni d'enfant, je doute sincèrement que tu comprennes ce que je ressens, bien que tu le conçoives bien mieux qu'à l'époque de Neverland."

Je hausse les épaules. Je me fous de mourir. C'est vrai, je veux sauver Wendy avant de partir, mais mourir serait la meilleure excuse pour ne pas le faire, non ? Bien plus qu'une lâcheté étrange quant à l'idée de retourner sur cette Île. Il soupire et je le suis. Je prends mon verre et bois une gorgée. Je sens que le Rhum commence à monter. La chaleur aussi. Et ma langue ressent l'envie de se délier. Je la contiens, pour l'instant.

"Tu vises juste Matelot, je vis sur le Jolly. J'ai toujours vécu sur elle. Mais elle semble bien triste à présent que nous sommes seuls, elle et moi. Alors de temps en temps je prends le large, enfin aussi loin que je puisse aller, pour lui dégourdir le gouvernail."

Jolly est triste, ou est-ce moi ? Ai-je pris conscience de ma solitude et me suis-je seulement rendu compte à quel point toutes ces personnes m'étaient chères ? De nouveau, je sens mes yeux briller un peu plus que d'accoutumée et je mets cela sur le compte de la boisson, bien entendu. Toujours la boisson. C'est Jolly qui est triste. Elle ne reflète plus aussi bien le soleil, la barre présente plus de résistance, et les voiles sont plus difficiles à hisser. A moins que le fait que je sois seul à présent ne soit la raison pour laquelle tout ceci se produit.
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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Mer 28 Jan - 22:32


Il est temps ?

Mais le temps il faut le tuer !

“I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because...”
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Malgré le silence imposant, je soupire. J'avais oublié à quel point Killian pouvait être agaçant. Ce n'est pas négatif. C'est juste.. qu'il m'impressionne toujours autant, et ça, c'est énervant. C'était bizarre de l'entendre m'appeler « Jeff ». J'avais quel âge au temps où j'avais le droit à ce sobriquet ? J'en avais connu des autres. Hook m'en avait déjà donné des bien pires. Je crois bien que je ne l'avais pas épargné à l'époque pour me venger. Comment est-ce que je l'appelais déjà pour le faire enrager ? Zut ! Je l'ai sur le bout de la langue ! C'était... Ah ! Oui ! Voilà ! C'était « Kiki le manchot » ! Il me semble que le regard qu'il m'avait lancé était tellement noir que j'en avais perdu toute couleur et que je n'avais plus jamais osé l'appeler ainsi. Je n'oserai plus jamais je pense. C'était quand même drôle, sur le moment, je présume. Ah ! J'avais oublié comme les nuits à Neverland n'étaient pas toujours si sombres et mornes. Je me souviens le rhum et son odeur surtout. Je crois que la picole y est certainement pour quelque chose.

En parlant de piquette... Le tintement des verres sur notre table me ramène sur Terre. La serveuse à la chemise délavée, la rousse, la moins belle des deux, selon moi, nous apporte d'autres verres. C'est que mon compagnon est d'humeur à boire. Je le regarde encore, sans rien dire. Je n'ai rien d'intéressant à dire. J'ai perdu l'habitude de parler pour ne rien dire. Ce n'est de toute façon pas très bien vu de parler seul ou de parler à soi-même. Je me demande quand même s'il a les moyens de payer tout ça. C'est qu'il ne paye pas de mine le capitaine. La belle affaire ! Je suis un peu pompette, non ? Mon nez se plisse doucement alors que je souris bêtement en guise de remerciement pour cette énième collation. À ta santé Roger !

Le pirate prend le temps de boire avant de réagir à ma mise en garde. J'en avais presque oublié que je lui avais dit de se méfier et que je le comprenais. Il se met à rire, doucement, mais je sens toute l'amertume que cache un tel rire et ça ne me plaît que moyennement. Cette bile noirâtre ressemble trop à la mienne pour que je la trouve bénéfique chez quelqu'un d'autre, même chez ce bon vieux Capitaine Crochet. Je l'écoute pourtant, sans l'interrompre, sans même manifester de la réprobation. J'écoute seulement. Mon oreille accueille son ressentiment. Parler, ça fait du bien quand même en fin de comptes.

« … Tu sais, tu n'as pas de femme ni d'enfant, je doute sincèrement que tu comprennes ce que je ressens... »

Je me fige aussitôt. Je sens le sang bouillir dans mes veines et j'ai pourtant l'impression que ma peau est glacée. Je ressens encore cette douleur aiguë au niveau de la poitrine qui me vient quand je pense trop à ma lâcheté, à la petite et à sa mère. Je rumine mon propre fiel moi aussi... Je te comprends parfaitement et pourtant tu en doutes... Mon regard se rembrunit. Tu fais exprès de me faire mal pour me faire parler. Idiot. C'est bien ton genre à toi, ça, parler pour blesser. Je serre les poings. Je voudrais bien te frapper. Mais je ne peux pas. Tu verrais. Tu comprendrais. Ou plutôt, tu croirais me comprendre. Et je n'ai pas envie. Je veux que tu continues de me voir comme le jeune homme plein de fougue et d'insouciance que j'étais lorsque je te traitais de manchot. J'ai mal, mais je me tais, au nom de ces souvenirs sur le pont du Jolly Roger.

Et que fais-tu toi face à ça ? Tu hausse les épaules. Tu changes de sujet. Tu fais bien j'imagine. Tu m'appelles Matelot. Tu me parles de ton foutu bateau comme s'il s'agissait d'une femme en mal d'amants. Pff ! Je suis fâché, tu sais... Mais voir ton air sombre et triste, ça distille l'amertume de ma bile. Amer, je ricane d'un rire plus doux que brut.

« Dis plutôt que tu te sens seul sur ton rafiot ! »

Est-ce que je parle aussi pour te faire mal ? Je n'en sais rien. Je ne parle pas souvent aux gens. Je crois que je fais juste ça, machinalement, comme au bon vieux temps.

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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Dim 8 Fév - 11:21



Il est temps




Quelle réaction étrange. J'ai l'impression que ses yeux se sont embrunis, mais bien entendu ce ne doit être qu'une impression. Je parle beaucoup depuis que nous nous sommes rencontrés, et pas comme avant, lorsque je lui racontais mes aventures et qu'il buvait mes paroles, assis face à une tasse à thé vide. Non, là, je ne lui raconte pas une quelconque aventure. D'ailleurs, qu'aurais-je à lui raconter ? Oh, bien sûr, j'ai fait des choses, depuis que je suis arrivé. Mais rien qui vaille réellement la peine d'être partagé. Ce n'étaient que des aventures sans importance et surtout, sans réel danger. Ou tout au moins, pas le danger auquel je me suis frotté depuis que j'ai volé le Jolly.

Il rit. Ne me croit-il donc pas ? De toute évidence, il se pose l'exacte même question que moi. Je me sens seul ... Cela me paraît plausible, effectivement. Lorsqu'on passe des centaines d'années aux côtés de personnes de confiance comme mes hommes et que ceux-ci disparaissent mystérieusement, j'ose imaginer qu'il va de soi qu'on puisse se sentir seul. Mais je suis un Pirate par mon navire. Je ne peux concéder ce sentiment. Je bois une nouvelle gorgée. L'alcool glisse dans ma gorge et s'engouffre dans mon esprit.

"Mais je suis seul, Jefferson. Terriblement seul."

Mais voyons, Captain ! Ne pouvez-vous donc vous contrôler ? Bien évidemment, voilà le revers de la médaille. Boire, c'est merveilleux, le Rhum est bon mais la langue se délie. Vous n'avez vu le Chapelier depuis des années et vous osez l'ennuyer avec vos états d'âmes ? Je soupire. Très sincèrement, je me demande pourquoi je suis allé dire cela. Certes, il ne s'agit que de la vérité. Mais tout de même, ne puis-je garder un semblant de dignité envers cet homme qui m'a, il y a longtemps, admiré de ses grands yeux innocents ?

Cet enfant qui n'en est plus un. Cet homme qui aujourd'hui semble meurtri. La vie aurait-elle décidé de n'épargner personne dans cette ville ? De toute évidence, l'alcool n'a délié que ma langue. La sienne reste bloquée dans sa bouche, et il n'a pas l'air de vouloir me confier quelque secret. Pourtant, voilà une chose que j'apprécierai. Très sincèrement, j'en viens presque à souhaiter qu'il vide son sac et m'explique pour quelles obscures raisons il se retrouve ici, à boire seul, bloqué dans cette ville horrible. Lui qui rayonnait, qui apportait la jeunesse et la bonté sur le Jolly, lui qui m'admirait. Qu'est-il advenu de mon Chapelier ?

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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Sam 14 Fév - 18:13


Il est temps ?

Mais le temps il faut le tuer !

“I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because...”
Jefferson & Killian

Je me fais remarquer en emplissant la salle avec le son de ma voix. Je ris sans rire. Je ris, avec une certaine nervosité. Si ce n'est pas très amusant ?... Qu'à cela ne tienne ! Je mettrai mon humeur mauvaise et mon mauvais humour sur le compte de l'alcool. C'est sans doute vrai d'ailleurs. J'ai plutôt chaud après ces quelques verres. Avec du rhum, on n'avait jamais froid sur le pont du bateau comme ça ! Le capitaine sans matelots, de son côté,

Quand Killian m'avoue se sentir terriblement seul, je n'ai plus envie de rire du coup. Ça fait presque froid dans le dos le visage meurtri qu'il arbore. C'est presque comme si je me regardais dans un miroir pour y contempler un reflet de moi aussi séduisant, mais un peu moins groggy et un peu plus poilu. Ce n'est vraiment pas drôle en fait. Je n'ai plus tellement envie de rire que je ne peux m'empêcher de pouffer encore plus fort. C'est plus fort que moi ! Des larmes salées et alcoolisées en mouillent mes yeux rougis. Cette situation.... Elle est complètement stupide ! Ça me rappelle une comédie romantique que j'ai vu à la télé le soir, en plein tripe. Le mec disait à la fille qu'il aimait qu'il se sentait seul pour sous-entendre qu'il voulait n'être qu'avec elle. Non vraiment, c'était con comme réplique quand même ! Je renifle bruyamment et m'essuie le visage avec mon bras. Je reprends un peu mon souffle mais mon corps reste secoué par quelques soubresauts. Si je commence à rire pour bien peu de choses, il m'en faut bien plus pour m'arrêter.

« Je ne savais pas que les chapeliers drogués étaient ton genre Killian !, dis-je en étouffant un petit rire, poussant même la plaisanterie jusqu'à faire mine de le dévorer du regard. »

Dans le fond c'était mignon. Je sais bien qu'il n'y avait pas ce genre d’ambiguïtés entre nous, mais j'ai, malgré tout, ce besoin de rire. J'ai besoin de ce rire pour décompresser. Se bourrer la gueule reste après tout la meilleure solution pour oublier le bordel d'une vie sans de vrais lendemains heureux. Je pars en vrille, comme d'habitude...

Après quelques instants, je finis par me calmer un peu. Mon corps ne tremble presque plus. Je tends alors le bras devant moi pour m'emparer de mon verre et le vider avec lenteur, sans pour autant l'éloigner de mes lèvres et le reposer sur la table. Le liquide me brûle la gorge et cette sensation me rassure presque. Un homme n'est jamais seul s'il a de quoi s'occuper l'esprit ! Une bouteille de rhum, c'est un bon début après tout ! Je repose le verre vide, l'air ravi. Je ne ris plus à présent, mais mes joues ont retrouvé la couleur rose qu'elles avaient lorsque Killian et moi forcions un peu trop sur la bouteille à bord du Jolly Roger.

En fait j'ai de la peine pour lui. Il n'imagine pas à quel point je me sens seul moi aussi ! Il ne peut pas imaginer à quel point je le comprends. J'ai de la peine pour nous.

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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Dim 29 Mar - 19:30



Il est temps




Une nouvelle fois, sa réaction dépasse de très loin tout ce que j'aurais pu imaginer. Je suppose que voir un vieux matelot comme moi aussi triste de la disparition de personnes qui devraient lui être indifférente peut pousser les jeunes gens à rire. Surtout ce jeune homme-là. J'ai toujours eu plus de facilité à m'entendre avec les plus jeunes. Ils ont cette tendance à apporter un état d'esprit merveilleux, si on le compare à celui que mon équipage et moi-même avions.

Cela aurait pu changer, et j'ai cru pendant cette conversation que mon Chapelier avait en effet disparu. Mais je le retrouve, là, riant à une réplique tout ce qu'il y'a de plus pathétique. Sans le vouloir, un sourire en coin se dessine sur mes pauvres lèvres, alors que dans ma tête défilent encore les images de mes disparus. Liam, Milah, Baelfire, Wendy, Mouche et tous les autres.

Je sens mon oeil me brûler, alors que je retiens ce qui ne peut qu'être le fruit de l'alcool et de la nostalgie. Mais cette sensation se calme lorsque Jefferson me répond. Par mon navire ! Jamais ô grand jamais je n'aurais pensé à mon cher Chapelier comme ceci. Je manque de m'étouffer en avalant ma salive de travers. De toute évidence, cela le fait toujours rire. Eh bien, il ne s'agissait là que d'une blague d'enfant. Enfant qu'il n'est plus, j'ai tendance à l'oublier.

"Moi qui allais te proposer de passer sur le Jolly si l'envie t'en prenait ... J'aurais peur que ce soit mal interprété maintenant Jeff."

Je lève les yeux sur son visage rosi et lui souris franchement, avec un clin d'oeil. Je ne sais pas quoi faire de cet homme pour qu'il daigne se confier à moi. Quelqu'un qui vient boire seul dans ce boui-boui n'a personne à qui parler, j'en suis certain, je le suis moi-même. Alors comment le faire parler ?

De toute évidence, lui payer à boire ne sert à rien. Et contrairement à moi, l'alcool semble plutôt lier la langue de mon jeune ami. Lui parler de moi non plus ne l'incite pas à faire de même. Cher Captain, tu te ramollis. Fut un temps tu savais faire parler tout le monde et n'importe qui. Et regarde-toi aujourd'hui, tu perds ton temps et ton argent à payer des coups à ce gamin.

Mon regard se pose à nouveau sur le Chapelier, et je soupire. J'ai l'impression de voir en lui comme à travers un verre de Rhum. Je ressens son mal-être, je sais que quelque chose cloche depuis que nous nous sommes retrouvés, mais tout me semble flou et sans consistance, je n'en connais pas la raison et c'est comme si cela m'importait. Par mon navire ... Cela m'importe.
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MessageSujet: Re: Il est temps. [Jefferson] Lun 30 Mar - 21:04


Il est temps ?

Mais le temps il faut le tuer !

“I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because I was a different person then. I can't go back to yesterday because...”
Jefferson & Killian

C'est bête. Je ris pour rien. Je le fais souvent. C'est bête, je sais. C'est nerveux, je crois ; comme une sorte de saute d'humeur où mon cœur et ma tête s'emballent. Je ne suis pas médecin, mais ça doit être un truc dans ce genre. Le pire c'est que là j'avais vraiment envie de rire, montrer les dents, mordre un peu dans le désespoir de mon ami le capitaine. Je te taquine bien sûr. C'est toujours plus simple de se moquer des autres plutôt que de regarder ses propres problèmes en face, pas vrai, Cap'tain ? Tiens... C'est drôle. Quelques verres et c'est redevenu mon ami. Mon cher compagnon... Si tu savais tout ce que je pourrais confesser... Tu ne me sourirais plus comme ça !

Je te regarde sourire, répondre et même pousser le vice jusqu'à me faire un clin d'œil. J'admire ton autodérision. L'alcool y aide bien volontiers. Tu n'es pas laid, pirate. Ton pire défaut, c'est que tu le sais. Quand je te vois montrer comme ça tes larges dents blanches, je ne peux m'empêcher d'imaginer la foule de cœurs qu'elles ont du racler avec gourmandise. Je mets ma main devant la bouche pour tousser. Ma gorge brûle un peu. Ça m'apprendra à m'improviser poète avec ces métaphores à la noix ! En y repensant, je trouve que tu caches bien ton jeu malgré tout. Combien de fois je t'ai entendu critiquer les pères indignes qui abandonnaient leurs enfants, comme le mien d'ailleurs. Mais n'as-tu pas toi-même séduit et emmené avec toi des femmes toutes plus belles que les autres ? Avec la gueule que t'as, tu aurais tort de t'en priver. Moi, si j'avais ton allure et un bateau, je ne priverais pas pour ce genre de bagatelles. Je veux dire... Je ne m'en serais pas priver avant de connaître le bonheur d'être père et le malheur de n'être plus rien d'autre qu'un chapelier en cage.

« J'y passerai un soir. »

Tu me souris toujours. Ça te va bien. Et moi je montre les crocs aussi. C'est un jeu comme un autre après tout. Je suis content qu'au moins un de nous deux se porte un peu mieux après ce bref entretien. T'es bête de parler comme ça. Je le suis encore plus à marcher dans ton jeu, juste pour t'embêter. Je te fixe pour te faire reculer le premier face à une situation qui n'a normalement rien d'ambigu entre nous. Je te fixe et j'approche ma main de ton visage. Je caresse ta joue. Je joue avec ta joue. Et je redeviens poète ! Et je reprends les jeux de mots à la noix. Je touche ta barbe. Ce n'est pas très doux tout ça. Mon regard ne quitte pas le tien. Je pourrais le faire ça. Juste pour gagner. Te faire reculer avant. Je pourrais me pencher vers toi. Ma bouche plus près de la tienne. Je le ferais taire ton sourire comme ça. C'est comme si j'avais envie de gâcher ton amitié. C'est comme si j'avais envie de ternir l'image que tu avais de moi. T'es bien le dernier à m'estimer un tant soit peu de toute manière.

Oh allez ! Juste pour le jeu ! Histoire de mourir moins bête ! Recule-toi. Moi je vais oser. Combien on a bu de verres déjà ? J'en reprendrais bien un. C'est bête. Je pose mes lèvres contre les tiennes. Elles sont sèches. Ce n'était pas si amusant que ça. Je les laisse là puis je me décide à reculer. C'est bête. Mes yeux me brûlent, un peu. Je pleure pour rien. Ou plutôt pour trop de choses. Je le fais souvent. C'est bête, je sais. C'est nerveux, je crois ; comme une sorte d'humeur sombre et mélancolique qui me prend parfois. Je ne suis pas poète, mais ça doit être un truc de ce genre. Ça doit être ça la folie. Les pères qui abandonnaient leurs enfants, c'était des enfants de cœur à côté de moi.

« Je t'offre un verre ? dis-je en reniflant comme pour me rattraper. »

J'ai toujours ce sourire stupide sur le bord des lèvres. Je te montre mes crocs moi aussi. Mais je n'ai plus rien à voir avec l'adolescent que tu as pu connaître. Lui avait fier allure. Je veux pourtant que tu y crois encore. Alors je pousse le rire tout en laissant mes yeux luire et refléter la lumière crasseuse du néon. Sans rancune capitaine, hein ! Tiens, je pense et j'oublie de parler. Mieux vaut rire que pleurer.




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Il est temps. [Jefferson]

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